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Lettre double
Valeur numérique : 80
Valeur pleine : 81
Sens : oralité créatrice
Planète : Vénus
Tarot : les Etoiles
Séphirah : Hesed


L'idéogramme primitif de cette Lettre dessine des lèvres closes, puis la bouche () s'est ouverte et nous pouvons y voir un Yod. C'est pourquoi le sens associé à Pé est l'oralité créatrice.

Le Yod en son sein nous révèle que la Parole est créatrice, et par parole, il s'agit d'entendre le Verbe dans son sens large. C'est-à-dire aussi bien la pensée, la parole que l'écrit. Et peut-être même plus généralement, tout ce qu'un être émet de vibrations.

Or Vénus qui est associée à cette Lettre ou encore HeSeD qu'elle informe, nous enjoindraient plutôt à la douceur concernant nos émissions...

Si la tradition judéo chrétienne est toute tournée vers l'incarnation et la puissance du Verbe (les 10 Paroles lors de la Genèse ou "le Verbe s'est fait chair" en référence au Christ) et si toutes les cosmogonies soulignent l'origine vibratoire du Monde et l'aspect créateur de la parole des dieux, la tradition toltèque en fait son "premier Accord".

"Que ta Parole soit impeccable". Et remarquons tout de suite que l'impeccabilité en question fait étrangement écho à la Séphirah Gebourah, qui fait face à Hesed ; Gébourah à laquelle nous associons Saturne, Zayin & Âyin, et l'art du Guerrier...

HeSeD fait le lien entre "la tête" et le "corps" de l'Arbre séfirotique. C'est par ce canal que symboliquement, "l'Esprit descend" en soi. Et il s'agit alors d'être tout oreille... (Shemâ Israel !) Puis il s'agit ensuite de précisément canaliser ce qui descend.

La tradition toltèque insiste particulièrement sur le Rêve de l'époque ou le Rêve que tout un chacun élabore et assemble. Nous créons ainsi à la fois notre enfer et notre paradis, selon les décrets et autres accords que nous scellons par nos émissions. L'être est tout d'abord inséminé par les divers conditionnements qu'il reçoit lors de son enfance ; il élabore (ou intègre) également une multitude d'accords lui permettant de trouver un
équilibre plus ou moins chancelant dans le chaos de ses blessures d'enfances et autres blessures narcissiques de l'adolescence.

Ensuite, tout dépendra du choix qu'il réalisera, entre inconscience et conscience, passivité et activité... Entre continuer à être un automate jusqu'à son dernier souffle (dans ce cas, le notion de Karma prend toute sa puissance) ou commencer à être un témoin.

Et pour commencer, être témoin de ses propres émissions et de ce qu'elles révèlent. L'initié découvre alors la multitude d'influences, passées et présentes, qui l'assaillent sans cesse, qu'il maintient également sans cesse, de par ses propres émissions (les toltèques parleront de l'histoire personnelle, sans cesse répétée à toute occasion, d'une manière ou d'une autre).

Inversement (ce que la Qabale enjoint, nous l'avons vu avec le Pendu), il y a un aspect libérant propre au Verbe. La possibilité de défaire des accords et d'en assembler de nouveaux. Ce jeu (qui se révèle ardu à l'usage, tans la coercition collective - et la sienne propre ! - sont puissantes) consiste à "redéployer son tonal" pour en revenir à la tradition toltèque. C'est-à-dire à élaborer son propre rêve et réussir à le maintenir... 


*****

Un autre aspect de Pé nous semble être de dévoiler le Yod présent dans toute émission. Parfois, l'être fait l'expérience d'entendre un mot différemment, comme si le mot en question se dévoilait pour exprimer son essence. C'est littéralement comme si le mot s'ouvrait... comme si un bandeau tombait. 

Et ce qui est vrai pour les mots peut se généraliser avec "tout ce qui est devant soi". Pé nous rappelle que la Création est ensemencée, dans le sens où la Matière recèle un secret... Il se dévoile devant l'être lucide (Gebourah) et à l'écoute (HeSeD), par le travail même de dévoilement qu'il réalise en premier lieu en lui-même. C'est tout le propos de l'Alchimie !

Âyin


Lettre simple
Valeur numérique : 70
Valeur pleine : 130
Sens : lucidité
Signe : le Capricorne
Séphirah : Gebourah




Âyin provient de l'hiéroglyphe égyptien dessinant un œil. Il signifie également "source". Sa valeur est la valeur du mot SoD, le "secret".

Cette Lettre est composée d'un Vav (l'Homme) qui regarde à travers un Zayin (l'Epée) ; autrement dit, il s'agit d'un être qui trans-perce du "regard" le voile des apparences...tel Perceval ?

Pour ce faire, et comme en écho, l'être doit auparavant traverser et se défaire des différentes couches de son conditionnement, de sa prison mentale... jusqu'à arriver au centre de son être.


La qualité de notre vision dépend ainsi de celle du champ de conscience auquel nous sommes nés...

Car "nous ne voyons jamais les choses telles qu'elles sont, nous les voyons telles que nous sommes" nous rappelle Anaïs Nin.

*****

La vision est toujours liée à la lumière, et si la science nous dit que l'œil la capte, la tradition nous dit aussi qu'elle l'émet - lumière de l'âme.

Lumière se dit AOR en hébreu, ce qui est l'homonyme de ÂOR, la peau. La prononciation change subtilement, entre Aleph et Âyin... (entre 1 et 70...) comme pour nous signifier toutes les circoncisions de "peaux" que notre regard doit effectuer pour voir sans plus de voile ce qui est devant soi...

"How many rivers do we have to cross, before to talk to the Boss" chantait également Bob Marley. Or le Père, AB en hébreu, est là aussi homonyme de ÂB, le nuage. Le sens est le même qu'entre AOR et ÂOR, il s'agit toujours d'un "dé-voilement" progressif, jusqu'à pouvoir regarder le Soleil droit dans les yeux, sans se brûler la rétine !

Âyin, c'est enfin la lettre qui fait toute la différence entre la "connaissance" -DÂAt- et la "Loi" -DAT- Entre le fait de suivre la Loi ou d'en vivre l'esprit... d'en "perce-voir" l'esprit, peut-être au travers des "70 niveaux de lecture" du texte sacré..?

*****

Voir, très concrètement, c'est aussi entrer en dialogue avec "ce qui est devant soi, comme un enseignement" nous disait Juan Matus (ou C. G. Jung). Il s'agit ici d'utiliser les deux hémisphères de son cerveau, de relier "par le sens" ce qui n'est pas forcément relier par la cause.

C'est acquérir la "double-vision", celle qui va vers l'extérieur et vers l'intérieur en même temps... C'est regarder les événements, dans le présent ou dans le déroulé du temps, comme une interface avec soi-même.

C'est entrer en contact avec son "maître intérieur" (avec sa source...) qui s'exprime de manière multi-dimensionnelle à l'extérieur de soi, pour entrer en dialogue avec "moi".

Cela peut passer par une phrase entendue par hasard dans la bouche de deux passants, par la couleur d'un vêtement, par la symbolique de tel ou tel événement par rapport à ce qui est vécu parallèlement et intérieurement, etc. 

Et ce travail s'auto-alimente en quelque sorte, car plus le dialogue s'enrichit, plus les voiles tombent et l'a-mitié se crée jusqu'à la communion entre le moi et le soi...

Samech




Lettre simple
Valeur numérique : 60
Valeur pleine : 600
Sens : le Soutien
Tarot : le Diable
Séphira : Tiphereth




Samech provient de l'hiéroglyphe égyptien dessinant un arbre barré de trois branches  ce qui rappelle, tandis que cette Lettre informe la Séphirah centrale de l'Arbre (Tiphereth), la structure trinitaire aussi bien de l'Arbre lui-même que du corps humain. 

Samech est par ailleurs la quinzième Lettre (1+5=6), elle a pour valeur 60 et pour valeur pleine 600. Tout nous renvoie ici numériquement au 6, valeur de la lettre Vav, qui n'est autre que l'archétype de l'axe vertical et de la colonne vertébrale de l'Homme, si ce n'est l'Homme lui-même, né le 6ème Jour...

Cette colonne médiane relie à la fois la tête au reste du corps ainsi que les deux côtés du corps entre eux. L'Homme devient ainsi le lieu reliant le "Ciel" et la "Terre" et tous les éléments complémentaires de la Création entre eux (ce que la graphie de la Lettre souligne, unissant l'équerre et la courbe).

Nous sommes bien ici dans le creuset alchimique de l'Arbre, la séphirah Tipheret.

Notons que si le 6ème Jour connaît la naissance de l'Homme, il est intimement et mystérieusement lié à son homologue dans la première triade de la Création, le 3ème Jour qui, quant à lui, connaît la naissance de l'Arbre.

On retrouve ainsi cette superposition de l'Homme et de l'Arbre, que l'aveugle guérit par Jeshua évoque peut-être dans sa vision d'"Hommes-Arbres". « J’aperçois les gens : ils ressemblent à des arbres que je vois marcher. »

Les trois axes horizontaux rappellent également les trois axes horizontaux de l'Arbre :

     * Hokmah-Binah / Neptune-Uranus / Sagesse-Intelligence / base du cerveau Intellecuel

     * Hessed-Gebourah / Jupiter-Saturne / Clémence-Rigueur / base du cerveau Cardiaque

     * Netzah-Hod / Vénus-Mercure / Sentir-Penser / base du cerveau Tripal

Trois axes reliés entre eux par un quatrième axe vertical... car il s'agit bien ici de relier (cf. Vav).

En restant dans notre métaphore arboricole, le dessin primitif de Samech pourrait aussi symboliser un tuteur à l'usage de la pousse sortie de terre lors du 14ème Arcane (cf. Noun) Cela irait dans le sens du concept de soutien associé à cette Lettre.

Mais alors de quel soutien s'agit-il ?

Surement pas de béquilles, dont le pèlerin s'efforce de se libérer dans sa percée vers l'Air libre. Mais plutôt d'un soutien plus intérieur qui provient de l'Arbre que l'Homme devient lui-même à mesure qu'il devient plus responsable et autonome, autrement dit Adulte dans sa valeur positive. Et l'Arbre ne distille aucun opium, il est seulement source d'éveil.

Tout véritable alchimiste concèdera par ailleurs qu'un ingrédient -intérieur- est depuis le début de l'Œuvre essentiel : le "Cœur" mis à l'ouvrage. Car il s'agit comme le rappelle le 15ème Arcane, de relier ici le Haut & le Bas et le Yin & le Yang, ce qui peut paraître bien poétique mais qui est en réalité un véritable saut dans le vide pour l'être que nous sommes, replié dans notre bulle d'importance personnelle et d'auto-contemplation.

Lorsque le processus alchimique est réellement vécu (et non pensé), le pèlerin n'ignore pas que les moments de porphyrisation de la construction sociale du je ou encore les moments de retournements intérieurs, d'abandon de la bienheureuse morale et j'en passe, ne peuvent être supportés que dans le creuset du Cœur, dans l'abandon de l'Amour.

Mem

 

Lettre mère
Valeur numérique : 40
Valeur pleine : 80
Sens : Gestation
Partie du corps : ventre
Éléments : Eau
Tarot : la Mort
Séphira : Malkut


Mem (l'eau en hébreu) provient du hiéroglyphe égyptien qui dessine des vagues, transmettant ainsi l'idée de matrice. L'hébreu carré semble d'ailleurs dessiner la vague que fait le corps de l'Homme lorsque, agenouillé, celui-ci vient mettre sa tête contre ses genoux dans une attitude de repliement sur lui-même pour se faire matrice de son propre germe (Yod), de son individualité originale. 

Cela se retrouve aussi dans l'écriture MaYiM (les eaux) où les deux lettres Mem encadrent la lettre Yod.

Lorsque nous la calligraphions comme ci-dessus, nous y voyons la matrice de la femme d'où l'enfant naîtra. Mais remarquons également, dans un non-faire, la silhouette d'un visage qui se dessine en creux de la lettre... Ne serait-ce l'être humain que nous sommes en puissance, une fois "né à nouveau" ?

Mayim, ce sont aussi les Eaux sur lesquelles l'Esprit plane, avant même le Jour Un de la Genèse, les adombrant ainsi de Sa puissance pour en faire surgir la Création. 

Au deuxième Jour de la Genèse, ces Eaux sont séparées en "eaux d'en-haut" et "eaux d'en-bas", puis aussitôt réunies ce même Jour par "l'étendue des cieux", tout cela nous ramenant en réalité à la première lettre mère : Aleph (qui est aussi le symbole du Tao au passage !)


En Qabale mystique, les concepts de Yin et de Yang sont ceux de Mi et de Ma, qui se faisant face forment justement le mot MaYiM... les Eaux (primordiales). 

En hébreu, Mi signifie "Qui ?" et Ma signifie "Quoi ?". Qui fait Quoi ? Est-ce Dieu qui fait l'Homme ou l'Homme qui fait Dieu ? Les deux mon capitaine, comme dirait un pèlerin. 

Il y a en tout cas dans ces deux lettres mère l'idée d'un flux et d'un reflux, d'un jeu de miroir, de ressemblance, et enfin l'idée d'un troisième terme qui émerge de cette apparente Dualité primordiale entre le "Haut" et le "Bas", l'Esprit et la Matière.

Tendue entre ces deux extrêmes, en équilibre, la Conscience peut surgir !

La vocation de l'Homme (ADaM : Aleph-Dalet-Mem), avec ce Dalet au centre de son nom qui signifie "porte", est de passer des portes pour s'accomplir, ces portes qui sont des structures dont il devra se revêtir pour finalement les abandonner.

Autrement dit, accepter les épreuves de l'incarnation, les assumer, les traverser, y mourir chaque fois en les vivant pleinement puis en les abandonnant pour ce qu'elles étaient : un pas de plus sur la voie du pèlerin.

Lamed



Lettre simple

Valeur numérique : 30
Valeur pleine : 74
Sens : désir
Signe : Balance
Tarot : le Pendu
Séphira : Yesod




Lamed provient d'un idéogramme ancien qui dessine un aiguillon, en forme de point d'interrogation... ? L'aiguillon montre le chemin à suivre, impulse un mouvement (c'est Guimel à la dizaine supérieure). Un mouvement d'élévation semblerait-il, mais nous y voyons également, en même temps, un mouvement vers le bas. Vue de haut, certains y voient un semeur ; nous restons dans la symbolique de la Graine.

Il est intéressant de noter que l'aiguillon est traditionnellement l'outil du conducteur de bœufs, l'animal dont le hiéroglyphe est à l'origine de la lettre Aleph. Or Aleph et Lamed ont le même sens, celui d'apprendre & d'enseigner. Ces deux lettres sont également constituées d'une partie "vers le haut" et d'une autre "vers le bas".

Aleph rencontrant Lamed forme avec lui le mot EL - comme dans Elohim - ou AL - comme dans Alchimie - En y regardant de plus près, ces deux lettres forment en fait un symbole bien connu des alchimistes justement, celui de l'Or... Aleph en est le Centre, et à l'aide du Lamed - du compas qui réalise un mouvement circulaire - se dessine le cercle pointé (qui est aussi le symbole du Soleil pour les astrologues). 

Cela nous renseigne sur la nature de l'apprentissage... Tout est Enseignement.

"El" est aussi une préposition en hébreu, il s'agit de "vers". C'est une direction. "...rien de plus ne peut être tenté que d'établir le commencement et la direction d'une route infiniment longue..." (G. Simmel)
Et nous avons noté que cette direction est double : vers le haut et vers le bas, comme les deux directions que prendra la Graine au cours de son développement... Nous y reviendrons souvent !


Par ailleurs, lorsque Aleph et Lamed sont inversées, elles forment en hébreu la négation. Lo' est alors à El ce que le Non-Être est à l'Être, c'est-à-dire comme nous l'avions vu avec Kaph, son pôle de révélation. Il y a ici cette idée encore bien alchimique, que l'élévation de l'être est concomitant d'un mouvement "descendant vers ses profondeurs". 

Or avec Guimel, nous avions aussi vu que la racine bilitère GaB rend compte d’un mouvement d’élévation (vers la lumière) tandis que prononcée GeB, elle rend compte d’un mouvement descendant dans le « puits » (d’eau). Disons qu'à la dizaine supérieure, les choses se concrétisent...

Faisons de même rencontrer Lamed et Beit... Ensemble, ils forment le mot Lèv : le Cœur. Ici, le Lamed est l'aiguillon qui met la "maison" de l'Homme en route vers son devenir. Cette maison est le cœur au plan physique, le courage au plan psychique, la conscience au plan spirituel. Le mot Lèv recouvre tous ces termes. Lamed informe l'Homme du chemin qu'il doit suivre pour que sa maison intérieure devienne le paradis, et sa maison extérieure, le Kosmos, sera "à l'image" de son état, à chacun de ces plans vécus. Toujours ce double mouvement...

Lorsque Lamed rencontre Dalet -la Porte- ils forment ensemble le radical du mot "naissance" ledah. Il s'agit de passer des "portes", d'épouser ses terres intérieures dirait la Qabale -d'en révéler le potentiel- Retournées, ces deux lettres forment le mot Dal, la "pauvreté" ou encore le "dépouillement"...

Lorsque Lamed rencontre Zayin -l'Epée- par l'intermédiaire du Vav, ces lettres forment le mot luz, l'amandier. L'amande est un symbole de lumière cachée dans la coque des ténèbres et du temps. C'est aussi le nom de la terre sur laquelle repose l'échelle que Jacob voit en songe. Lorsqu'il fait ce songe, c'est au début de son grand voyage ; il quitte alors ses parents -ses béquilles- et va vers le mariage. Le chemin royal s'ouvre pour lui, il va porter à maturité ce qui n'est encore qu'un germe de lumière, casser la coque de ses ténèbres, assumer les temps... L'amande ourlée ou "mandorle" est la lumière accomplie ; toutes les peaux du Pèle-rin sont tombées. 

Avec le Heith, Lamed engendre le mot lah qui signifie juteux, vert, humide. Celui qui veut passer la Barrière doit découvrir en lui l'humide, son Désir, son énergie vitale... Retournées, ces lettres forment le mot Hel qui signifie le rempart, le mur, comme celui qui enceint Jéricho...

Enfin, lorsque Lamed se joint à son homologue sur le plan des unités, Guimel, ils forment ensemble, en saisissant le Aleph, le verbe Ga'al -délivrer- et le nom go'el -le libérateur- 
GiL est aussi la Joie et GaLGaL est la Roue. Cette Roue dans laquelle la "personne" est spirée, pour, de morts en morts -de champs de conscience en champs de conscience- et dans la Joie s'il vous plaît ! renaître. La Spirale -LuLyani- est le mouvement de vie essentiel, et c'est au bas de la spirale, dans les profondeurs de la Nuit -LayeLah- que la lumière éclate ! aLLéLuiah !

Olam Ha'Assiah


           Hiérarchie : Hommes
           Élément : Terre
           Couleur : rouge

           Sphère d'influence : TiPHEReTNeTsaH, HODMaLKuT, YeSOD
                                 

           Macrocosme : le monde matériel
           Microcosme : le corps


Olam haAssIaH signifie "le Monde de l'Action".

Nous pourrions également dire qu'il s'agit du Monde (du Plan) du "Faire" : ASiaH (Âyin-Shin-Hé) se traduit littéralement par le verbe Faire (agir, travailler). Nous trouvons aussi comme synonymes : former, créer, produire.

Nous sommes bien ici-Bas dans le monde du Créé, par opposition au Monde de la Création ; sur le plan où les éléments "prennent forme, s'élèvent, résistent et se dégradent".

YeSOD en est le Centre et MalKuT la Périphérie :


MalKut, qui est la Terre accompagnée de son satellite naturel, est le réceptacle de toutes les influences de l'Arbre inversé. Elle incarne le stade ultime de la forme, dense et palpable, incapable d'exister plus concrètement. elle est toutes choses animées et inanimées qui nous entourent. C'est le Royaume des formes imaginées (dont les esquisses finales se situent en YeSOD) enfin réalisée. Elle est aussi le lieu de la vacuité de toute chose, le seuil où l'on "rend l'âme".

La Hiérarchie (en devenir) correspondante est l'Homme (ADaM : "fait en terre rouge") dont le plus grand défi consiste sûrement de pouvoir maîtriser un jour la myriade d'énergies et d'influences qui s'agitent dans son Royaume.

Le Olam Ha'Assiah est le dernier maillon de l'Arbre, le lieu où les formes imaginées se concrétisent, deviennent tangibles. Le Plan qui le précède dans la chaîne de création est le Olam haYetsirah, le Monde du Potier, le Monde Astral où tout est en potentiel. Pour que ces formes se réalisent, il manque une dernière étape : celle du Faire, de l'Action... l'Homme en est la Hiérarchie en devenir...

"Faire" que l'on pourrait entendre "Fer" - le métal associé à la Planète Mars. Or, dans notre recherche, nous plaçons cet Astre au centre de l'Arbre séphirothique, en Tipheret - centre du Olam haYetsirah. Ce faisant, nous mettons au centre la notion d'Expression ainsi que celle de la Présence...


Finalement, 5 Astres composent le Olam Ha'Assiah dans notre système qui associe les Planètes aux Séphiroth selon une logique propre. Apparaissent alors les 4 planètes telluriques de notre système solaire tournant autour du Soleil...

Magie !

Yesod

 
      


Monde : 
ASIaH veYeTSIRaH
Pilier : central
Lettres : Kaph & Lamed
Planète : Soleil
Grand Ange : GaBRIEL
Nom Divin : El Shaddaï ("Dieu Tout-puissant")
Autre Nom : El Haï ("Dieu Vivant")
YeSOD se situe, malgré les apparences, au fondement de l'Arbre séphirothique. Elle se situe symboliquement sous le niveau du sol ; c'est donc là que sont que sont puisées les énergies (souterraines) à l'origine des manifestations concrètes, en Malkut.

Comme nous l'avons vu précédemment, au niveau psychologique, il s'agit de notre subconscient ("sous la conscience"), de ce qui relève de nos automatismes, moteurs mais aussi émotionnels et intellectuels... C'est également le centre de la somatisation, c'est-à-dire le lieu de conflits psychiques qui se concrétisent ensuite corporellement. Nous sommes bien à la frontière entre les Mondes d'Assiah et de Yetsirah... Et en présence d'un Astre - le Soleil - dont la masse correspond à 99,86% de celle de son système !
   
Yesod est en fait le centre de notre Mental-Ego, ce "soleil" qui se pense khalife à la place du Khalife... un soleil bien réel cependant, à l'origine de toutes nos réactions automatiques. Un soleil dont la principale fonction est la défense de l'image que l'on a de soi, ou que l'on a l'impression de devoir avoir de soi ;une image construite en tout cas. Elle se nourrit d'une "histoire personnelle" que l'on répète constamment à qui veut bien nous écouter (mais il s'agit de toute façon d'un contrat, plus ou moins conscient, dont l'autre versant est de rendre la pareille à l'autre) et elle possède pour corollaire une "importance personnelle", à l'origine notamment d'une perte colossale et continue d'énergie (de pouvoir personnel, dirait les Toltèques). 

Pour autant, si la descente dans nos enfers est réalisée, avec une rectification "qui permet de trouver la pierre cachée", c'est-à-dire avec un travail thérapeutique permettant de comprendre ses blessures d'âmes (et de les cautériser) ou encore nos nombreux conditionnements (familial, social, culturel...), alors ce "petit soleil" peut devenir le Soleil de notre Individualité, qui rayonne cette fois sa propre lumière...

Ce rayonnement est induit par un processus de fusion nucléaire (qui dégage de l'énergie cette fois) qui se nourrit de lui-même, tout comme le Germe (associé à la Lettre Yod...) tire son énergie des cotylédons de la graine, sur le plan végétal...

C'est peut-être cela, le Ye SOD (littéralement le "Secret du Yod"), c'est de devenir son propre centre, plutôt que de tourner autour de centres extérieurs, un centre qui ne soit pas un despote (conférer la symbolique du Pharaon dans le mythe biblique) mais bien qui l'on souhaite devenir ou encore que l'on porte en Potentiel (comme la graine est déjà en potentiel l'Arbre qu'il peut devenir).

Ce processus de germination nécessite cependant d'échapper à un environnement devenu hostile (lorsque notre Conditionnement n'est plus décemment supportable), pour un environnement viable accompagné de certaines conditions (eau, température, lumière, oxygène).

la Force


Et voici la Force, l'énergie suprême à laquelle ne résiste aucune brutalité ! Elle se présente ici sous l'aspect d'une reine blonde et gracieuse, qui, sans effort apparent, dompte un lion furieux, dont elle maintient les mâchoires écartées.

Cette conception de la Force, en tant que vertu cardinale, s'écarte des figurations banales d'un Hercule appuyé sur sa massue et revêtu de la dépouille du lion de Némée. Ce n'est point la vigueur physique, celle des muscles, que glorifie l'Arcane 11 ; il s'agit de l'exercice de la puissance féminine, bien plus irrésistible dans sa douceur et sa subtilité que toutes les explosions de la colère et de la force brutale.

Le fauve, incarnation des fougues indisciplinées et des véhémences passionnelles, est ce Lion dévorant du Zodiaque, dont le retour annuel marque l'époque où le Soleil, devenu brûlant, dessèche et tue la végétation. Il est vaincu par la Vierge dont il a mûri les moissons...

Ce n'est pas une bête malfaisante, en dépit de sa férocité. Livré à lui-même, il accapare, dévore et détruit avec une rage égoïste ; il n'en est plus de même s'il est dompté : il rend d'immenses services à qui sait le dominer...

Il n'y a donc pas lieu de tuer l'animal, même en notre personnalité, à la manière des ascètes. Le puissant Sage respecte toutes les énergies, fussent-elles dangereuses, car il estime qu'elles existent en vue d'être captées, puis judicieusement utilisées.

L'initié ne méprise rien de ce qui est inférieur ; il envisage comme sacrés jusqu'aux instincts les moins nobles, car ils sont le stimulant  nécessaire de toute action. La maîtrise vitale exige que ce qui est vil, ne doit pas être détruit, mais ennobli par transmutation. Cette règle est applicable dans tous les domaines...

Le puissant Sage tient compte du Diable, pour l'astreindre à collaborer malgré lui au Grand Œuvre !

Notons enfin que la "coiffure" de la Force est analogue à celle du Bateleur, c'est-à-dire représentant un lemniscate. Le retour de ce signe à la fin de la rangée des onze premiers Arcanes semble confirmer encore une fois la cohérence de placer les Arcanes ainsi, sur les 11 Séphiroth, en descente et en montée (cf. Introduction de ce blog). Nous y reviendrons.

En attendant, remarquons que le chapeau du Bateleur est plus simple que celui de la Force ; il ne comporte ni couronne ni plumeté chatoyant, car le pouvoir spirituel (couronne) ne s'acquiert qu'en l'exerçant et le savoir pratique n'est pas inné. Le Bateleur a la capacité de tout acquérir, mais il ne dispose de toute sa puissance virtuelle qu'après s'être instruit et discipliné au cours de sa carrière d'initié.

L'Arcane 11 marque à cet égard l'idéal qu'il est possible d'atteindre. L'homme sage peut disposer d'une force immense, s'il pense judicieusement et si son vouloir particulier s'identifie avec la Volonté Suprême. Il domptera la violence par la douceur ; aucune brutalité ne lui résistera, pourvu qu'il sache exercer la puissance magique à laquelle doit aspirer tout véritable adepte.

Domptons en nous-mêmes le lion des passions dominatrices et des instincts égoïstes, si nous aspirons à la Force réellement forte et supérieure à toutes les forces !

Kaph

    
                              Lettre double
                              Valeur numérique : 20
                              Valeur pleine : 100
                              Sens : Pouvoir personnel
                              Planète : Soleil
                              Tarot : la Force
                              Séphira : Yesod



Kaph provient comme Yod du hiéroglyphe égyptien qui dessine une main (ici sa paume). Ces deux Lettres sont donc liées ensemble par le symbole de la main, qui peut être émission (Yod) ou bien réception (Kaph).

Souvenons-nous aussi que le Yod symbolise le Germe, l'idée de Potentiel à l'épreuve de la Matière. Avec Kaph, nous avons l'idée de mettre en terre (en Yesod) cette graine afin qu'elle développe effectivement ce Potentiel. 

Et cela va advenir si l'être accepte de pleinement s'incarner... Le Kaph est au Yod ce que le Beit est au Aleph : la réceptivité par rapport à la force émissive, en même temps que le pôle de révélation de cette force. 

Notons au niveau du graphisme qu'à la différence de Beit, son homologue Kaph a perdu sa petite queue en bas à droite, qui symbolisait la nostalgie de l'Absolu (Aleph). Il s'agit bien désormais d'accepter pleinement l'incarnation, sans plus regarder en arrière et surtout en accomplissant le pourquoi (KI en hébreu, c'est-à-dire Kaph-Yod) de cette dernière !

Tant que cela n'est pas réaliser, l'être se maintient dans une conscience lunaire ; la graine ne germe pas, le potentiel ne s'exprime pas, il n'y a que fantômes et automates...

A contrario, l'être qui accepte la confrontation avec la Matière, de ne plus simplement y poser la pointe des pieds, peut espérer à terme devenir rayonnant comme le Soleil. Mais il s'agit de bien poser les pieds au sol, quitte à les enfoncer dans la boue, ou encore de mettre les mains dans le cambouis, quitte à se coincer les doigts.

Autrement dit, si l'être espère un jour porter des fruits, encore faut-il qu'il commence par prendre racine afin d'extraire du sol les nutriments qui permettront son développement. Et au passage, ses fruits auront le goût de l'expérience...

Avec Kaph, aussi rugueux soit souvent son salaire, il y a cette merveilleuse possibilité de devenir autonome, responsable ; de ne plus être "le reflet de" mais bien soi-même une Source, ce qui est au passage, le véritable sens du terme "Païen" (et le propos du Paganisme).

Il s'agit  de "se prendre en main", de quitter l'état de victimisation face au Monde, dans lequel l'être lunaire se complaît si facilement. De prendre la totale responsabilité de ses actes... quelles qu'aient été ses blessures d'âme.

Informant Yesod, le Fondement de l'Arbre séphirothique, Kaph nous demande donc de plonger dans nos profondeurs pour mettre en lumière ce qui fait de nous un Automate, bien souvent écorché vif si l'on en croit notre propension à réagir violemment dès que les événements nous effleure.

C'est toute la symbolique de l'aspirant qui descend en Enfer et en ressortira Initié.

Kaph, c'est comprendre que l'obstacle est le Chemin... que toute épreuve, tout ce qui nous fait réagir émotionnellement, est ce qui va nous permettre à terme de nous Révéler. Littéralement "d'enlever les voiles" - qui recouvre notre Soleil intérieur !

Malkut

     

      Monde : ASIaH
      Pilier : central
      
      Lettres : Yod & Mem
      Planète : Lune
      Grand Ange : CaSiEL

      Nom Divin : Adonaï HaAretz ("Seigneur du Désir")
      Autre Nom : Adonaï Melek ("Seigneur Roi")*


MaLKuT est à la base du Pilier central de l'Equilibre. Elle se situe dans le Monde d'Assiah, soit le Monde du Faire, le plan vibratoire de la MAtière.

La Séphirah Malkut se situe à l'extrémité de l'Arbre séphirothique qui symbolise la "Descente de la Lumière", sa précipitation, soit sa solidification. Autrement dit, nous sommes ici sur les lieux de la "Chute".

Lorsque l'Arbre est représenté sous forme de cercles concentriques, Keter la couronne de l'Arbre se retrouve au centre tandis que Malkut correspond à la périphérie du Cercle.


Malkut est l'écorce de la Création, ce qui est visible, l'ultime étape de concrétisation des forces internes. Elle en est le récipient et c'est pourquoi la Lune dans notre démonstration y est associée, car elle est l'Astre qui reflète la lumière de l'étoile.

Sur ce plan vibratoire, les formes naissent, croissent, se dégradent puis meurent. Tout y est impermanent et illusions nous dirait le Bouddhisme.

Ici-Bas, la Nature nous montre un Monde où tout s'équilibre, Yang & Yin, tel dans un écosystème, et où tout se transforme.

Tout s'y présente sous forme duelle, extérieur et intérieur, haut et bas, lumière et ténèbres, etc. Mais nous avons également vu avec la Vierge que cette dualité induit la possibilité d'une Transcendance...

Malkut, c'est la Conscience exilée dans le Monde de la Matière, enfermée au sein d'une coquille, d'une chrysalide. C'est ici-Bas que la Métamorphose peut avoir lieu.

Malkut, c'est la Veuve dans la Vallée de la Mort, séparée de son Epoux "qui es dans les Cieux". C'est la Belle au bois dormant, la Blanche Neige ; c'est le Féminin intérieur attendant d'être r-éveillée.

C'est cependant tout le contraire qui arrive : sur ce Plan, la conscience s'endort de plus en plus, irrésistiblement attirée par les multiples chimères de ce Monde qui ne peuvent jamais rassasier l'être. Peut-être est-ce cela la définition de l'Enfer, un monde où l'on a toujours faim et soif, d'une Faim et d'une Soif innommables...

Alors la Conscience s'englue de plus en plus dans la Matrice, de plus en plus oublieuse de son Origine et de la raison même de son INCARNATION. Plus elle s'endort, plus l'espace et le temps sont perçus de manière stressante, étriquée ; plus la solitude se fait sentir, avec ce vague sentiment de nostalgie qui nous vient d'on ne sait plus où...

Plus le Monde nous semble DUR, peut-être parce que notre propre "écorce" s'épaissit de plus en plus, nous séparant toujours davantage des autres formes.

L'être humain que nous sommes se manifeste alors plutôt comme un "faire humain", un automate qui FAIT par habitude, sans plus y mettre de "cœur" ou de Centre, étant complètement tourné vers l'extérieur.

Plus l'être s'englue, plus les choses et les événements lui semblent lourds, aussi lourd que l'importance qu'il se donne par ailleurs. 

Il s'englue tellement qu'il finit par se coller lui-même, se courbant et se repliant sur lui-même ; les yeux regardent vers le bas, le moral est dans les chaussettes. Le monde s'effondre.

Et pourtant... le 10ème Arcane nous enseigne que la Lumière est descendue, que la Graine est à l'intérieur du fruit... Cette Lumière qui peut dissoudre de l'intérieur les couches occultant notre être véritable... qui pourra alors rayonner une fois sa gangue devenue transparente...

Alchimie bonsoir, le 10ème Arcane se situe entre le Pèlerin et la Force forte...

Le pouvoir créateur

Le pouvoir créateur est le concept rattaché au 10ème Arcane.

Qu'est-ce que créer ? Vaste question ! 

Cependant, il nous semble que cela ait à voir avec notre pouvoir d'EXPRESSION.

Il nous semble également qu'il y ait l'idée, derrière ce concept, de MANIFESTER, de matérialiser ce qui auparavant, était immatériel ou "en pensée".

Entre les deux, il y a le processus créateur, soit l'Arbre séphirothique entre Keter et Malkut.

Le Créateur se situe au niveau de Keter, de l'Intention, tandis que la créature se situe au niveau de Malkut, de l'action. 

L'Homme serait le prolongement du Créateur sur le plan matériel. Sa "main" ici-bas en quelque sorte.

Bon, mais encore faudrait-il que la créature ait conscience d'être la main du créateur d'une part, et si cela devient le cas, que l'information passe clairement du cerveau à la main d'autre part !

Pour que l'information soit claire, le canal menant de la tête à la main doit être nettoyé. 

Lorsque ce canal est suffisamment nettoyé, il est possible de voir la directive de l'Esprit. C'est comme un dialogue sans mot, un enseignement devant soi.

Alors l'Action juste est réalisée et l'Homme n'est plus seulement une créature, il devient un co-créateur.

Si cela est intégré, nous comprenons le vrai sens de la Religion universelle : celle qui consiste à RELIER le Haut et le Bas.

Lorsque l'être observe ce qui est sans plus l'immense poids de son importance personnelle, sans ce Moi qui sans cesse se sent offensé, alors il voit.

Et voyant, l'Esprit descend et cela agit. 

Quelle merveille que la place de l'Homme !