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la Tempérance


La tempérance... qui est maîtrise de soi, contrôle des passions, modération, mesure et équilibre personnel.

Ça fait rêver hein ? 

Oui mais... il faut replacer cette Lame dans son contexte ! C'est-à-dire notamment, à la suite de la Mort dans le Tarot, et située au niveau de Hod et Netzah (du bas-astral et de notre mental émotif) dans l'Arbre séphirothique. 

Au passage, notons que lors de la Descente de l'Arbre, nous trouvions au niveau de ces Séphiroth l'Hermite... qui n'est autre que la 4ème vertu cardinale (cachée) : la Prudence.

Tempérance, Prudence, limite on insisterait quoi !

C'est qu'avec la Mort (si elle a été et est réellement vécue), le Pèlerin a fait sauter quelques garde-fous... (tiens le Fou, on y retrouve la même rose !) Notamment celui de la morale, si propre à la vie en collectivité. 

En fait à ce stade, l'humain commence à devenir autonome par rapport au collectif, à "maman" et à "papa".  C'est-à-dire que l'humain en question n'attend plus de réponse toute cuite ; il mange cru et il digère tout seul comme un grand.

Mais attention Colegram ! le processus doit être naturel et non forcé... Ni Dieu ni Maître ouais !!! T'es prêt ?

Et puis, dans notre métaphore arboricole, souvenons-nous aussi que la jeune pousse vient de traverser la Terre pour tâter de l'Air. Autrement dit, on se trouve en terrain inconnu et on peut vite se faire bouffer par le premier ruminant venu. Ah... l'avantage de la graine bien au chaud sous terre...

Ainsi l'humain a davantage conscience de l'urgence vitale de grandir, voire de devenir adulte soyons fous. Qu'il n'est plus temps de batifoler à droite à gauche...

Qu'il y a une différence entre escalader encordé ou en free solo... qu'être impeccable c'est tout le temps ou alors c'est qu'on ne l'est pas (et que le plus dur dans la chute, c'est l'atterrissage).

Pour autant... si on regarde bien cette Lame, la dame semble bien calme. 

Sur la voie alchimique, il s'agit ici de séparer l'épais et le subtil par transvasements successifs. C'est-à-dire d'apprendre à discerner par soi-même la voie à suivre, les aides et les chausse-trappes, mais que la modération justement, ça aide bien quand même.

L'être a compris que l'avantage du désencombrement (des objets comme du passé), c'est de mieux percevoir et vivre l'essentiel. Qu'il y a une différence entre le courage et la témérité (mais aussi entre être modéré et timoré), entre savoir que l'on est déjà mort et ne pas tenter coûte que coûte d'être digne d'être vivant, entre se savoir désormais libre d'être un gros c** et pour autant, l'être effectivement.


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* Nous retrouvons dans cette Lame les 3 Piliers de l'Arbre : à gauche le côté yang-structure-penser, à droite le côté yin-vibration-sentir ; au centre la fluidité qui mélange avec maîtrise les opposés complémentaires.

** L'Ange Verse l'Eau ; modération, autonomie, originalité, serait-ce la direction à suivre en cette aube de l'ère du Verseau ?

la Roue de fortune


La Roue de fortune ou de la destinée symbolise le déroulement du temps ou encore la notion de cycles, comme celui des saisons ici-bas par exemple. A l'explosion de vitalité propre au Printemps, suit l'été, puis l'automne et enfin l'hiver, en tout cas sous nos latitudes. Autrement dit un cycle qui va de la naissance à la mort ; nous sommes bien ici au niveau du Olam haAssiah, le Monde (le plan vibratoire) dans lequel les éléments apparaissent, se développent, se dégradent puis disparaissent - en tout cas sous cette forme-ci.

La roue est également une invention humaine et symbolise ainsi l'intelligence créative, tout comme la Lettre Yod à laquelle elle est associée, se rattache au concept de pouvoir créateur.

La Roue du Devenir flotte sur le sombre océan de la vie chaotique, supportée par les mâts de deux barques accolées, dont l'une est rouge et l'autre verte. Leur forme rappelle le croissant d'Isis, la grande formatrice, mère de tous les êtres. De chaque barque s'élance un serpent, dont l'un est mâle et l'autre femelle. Ils correspondent aux deux ordres de courants vitaux, qui sont positif ou négatif et se traduisent en motricité (rouge) et en sensibilité (vert).

Le mouvement de la Roue entraîne en montant un Hermanubis qui tient le caducée de Mercure, et en descendant un monstre typhonien armé d'un trident. Ainsi sont symbolisées d'une part les énergies expansives, d'autre part les énergies restrictives. Nous retrouvons en fait ici la symbolique des deux Piliers latéraux de l'Arbre séphirothique dont la base se trouve de part et d'autre de la Séphirah Malkut, ce qui semble une fois de plus confirmer la justesse de situer les Arcanes sur les Séphiroth plutôt que sur les Sentiers... (cf. Introduction)

Ces deux personnages nous semblent aussi personnaliser les élans impulsifs et autres désirs contradictoires de l'être incarné, qui ainsi l'enchaînent à la Roue (qui est aussi celle de la torture...) La force de nos habitudes qui ici-bas nous entraîne sans cesse dans un mouvement répétitif, celui de nos fluctuations d'humeur comme celui de nos épreuves qu'on s'empresse en plus d'imputer au Destin, comme si nous n'avions ici aucune responsabilité à assumer...

Remarquons ensuite les sept sphères que traversent les sept rayons de la Roue. Elles traduisent les influences planétaires de l'astrologie, tout comme la Roue elle-même ne peut manquer d'évoquer le Zodiaque et ses douze signes astrologiques. Cela pour évoquer les influences astrales que notre Monde - et notre être subissent. Notons également la présence du Sphinx au-dessus de la Roue, qui représente les quatre signes Fixes du Zodiaque. Ou encore l'Hermanubis et le monstre typhonien qui correspondent aux Solstices. Tout cela pour souligner un peu plus l'influence des forces cosmiques et la compréhension que peut nous donner la Science sacrée qu'est l'Astrologie.

Le Sphinx est solidement installé. Il représente le principe d'équilibre et de fixité qui assure la stabilité transitoire des formes individuelles. Comme la Justice, il est armé d'un glaive, car il lui appartient de trancher et de décider, en intervenant dans le conflit des forces condensantes ou expansives, respectivement égoïstes ou trop généreuses dans leur ardeur extériorisantes. C'est aussi peut-être ici le symbole de l'observateur dans lequel placer notre conscience, "au-dessus" des fluctuations cycliques de notre humeur, au sein des influences multiples propres à notre Monde...

Remarquons enfin un détail, au centre de la Roue. Une manivelle qui semble-t-il, permettrait de faire tourner plus vite cette Roue qui est aussi dans une autre optique, la Roue du Samsara des bouddhistes. Autrement dit, la Roue des réincarnations. Comme s'il serait possible d'accélérer la Roue du Karma pour rester dans le même lexique. Observer les cycles, accepter la Roue de la fortune... et comprendre que tout cela est parfait pour la prise de conscience de l'être incarné de sa part à assumer pour rectifier le Monde, pour le "gai-rire", pour mettre la main à la pâte dans la Co-Création qu'est le Cosmos, Ciel et Terre réunis...

Les 3 Piliers - 1

Notre étude des deux premières Triades de l'Arbre nous permet désormais de constater que les 3 Séphiroth constituant chaque Triade se placent selon 3 axes verticaux. Il s'agit des 3 Piliers de l'Arbre séphirothique.

Cette structure en 3 Piliers a son origine dans la scission primordiale de l'Unité au niveau de la Triade supérieure. Le Père-Mère originel, dont le symbole du Tao est une claire représentation, opère une séparation de ses deux grands Principes complémentaires au niveau du Olam haBriah : Yang et Yin, Masculin et Féminin se font désormais "face".

Cette séparation des polarités divines est à l'origine de la possibilité d'une dialectique dont la synthèse doit permettre, via la Création ainsi mise en mouvement, d'atteindre un terme supérieur. Autrement dit, c'est en confrontant puis en visant la synthèse de deux éléments distincts voire opposés qu'il est possible de conscientiser l'unité qui les transcende.


Le Pilier de droite se nomme traditionnellement IaKIN, la couleur blanche y est associée. Émané de Hokmah - le Père cosmique, le Principe masculin le caractérise. Il s'agit ici de l'aspect "force" ou énergétique de la Création, dans une dynamique d'expansion.
Au niveau du corps humain, il s'agit de la fonction anabolique de l'organisme ; au niveau éthérique il s'agit de l'Ida Nadî.
En référence à sa Séphirah centrale, il est aussi nommé Pilier de la Miséricorde. En Kabbale toujours, il s'agit de la "voie gracieuse", ce qui n'est pas sans évoquer "l'aspect paisible de la Déité" du bouddhisme Vajrayâna.

Le Pilier de gauche se nomme traditionnellement BZ, la couleur rouge y est ici associée (une autre partie de la tradition y associe le noir). Émané de Binah - la Mère cosmique, le Principe féminin le caractérise. Il s'agit ici de l'aspect "forme" ou matriciel de la Création, dans une dynamique de restriction.
Au niveau du corps humain, il s'agit de la fonction catabolique de l'organisme ; au niveau éthérique il s'agit du Pingala Nadî.
En référence à sa Séphirah centrale, il est aussi nommé Pilier du Jugement. En kabbale toujours, il s'agit de la "voie malaisée", ce qui n'est pas sans évoquer "l'aspect courroucée de la Déité" dans le bouddhisme Vajrayâna.

Le Pilier central se nomme TÔM, la couleur vert émeraude y est associée (symbolique de régénération). Émané de Keter,  - l'Unité, le Principe androgyne le caractérise. Il s'agit d'une dynamique de synthèse, d'équilibre et d'harmonie.
Au niveau du corps humain, il s'agit du métabolisme de l'organisme ; au niveau éthérique il s'agit du Sushumna Nadî.
Egalement nommé Pilier de la Bénignité (amabilité, bienfaisance, bienveillance, douceur, indulgence, mansuétude), il s'agit de la "voie de la flèche" (la voie mystique). Dans le bouddhisme Vajrayâna, c'est "l'aspect Yab-Yum de la Déité", le Père-Mère en union figurée par le coït.

Avec l'initiale des trois noms des Piliers, nous obtenons le terme "BeIT" qui est d'une part la deuxième Lettre de l'alephbeit, choisie pour initier la Création selon la mystique juive, et qui signifie "Temple" ou "Maison" d'autre part. Les temples égyptiens étaient nommées "Maison de Vie" et notons que le Temple de Salomon est à l'origine de la légende franc-maçonnique concernant les deux Piliers latéraux de leurs propres temples. En ce sens, le Pilier central semble davantage "mouvant", tel le cheminement menant vers l'intérieur du Temple... Les 2 Piliers latéraux et leurs symboles archétypaux jouant alors le rôle de portail conduisant aux Mystères.


Revenons donc à nos deux Piliers latéraux.

Le Pilier droit est dit "actif" : c'est l'aspect impulsion qui souhaite aller droit au but, qui souhaite construire ; par extension c'est l'énergie nécessaire à tout projet. Au niveau du corps humain, c'est la mise en jeu des émotions, des humeurs, du désir etc.
Le Pilier gauche est dit "passif" : les 2 lois attraction-répulsion et contention-expulsion qui caractérisent le Féminin permettent la sélection et la gestation des formes – qui in-formeront finalement la Materia prima. Au niveau du corps humain, c'est la mise en jeu des pensées, de l'étude, de la rigueur etc.

Autrement dit c'est la Nature vs la Culture, la Force brute vs la Forme finie, l'expansion vs la restriction, l'irrationnel / l'intuitif / l'holistique vs le rationnel / la raison / la linéarité, la Bonté vs la Rigueur, le lâcher-prise vs l'auto-discipline, l'adaptation vs l'oscillation / stabilisation, le SENTIR vs le PENSER ...

A suivre...