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Soleil


Arrivé à mi-chemin de notre parcours, c'est seulement maintenant que nous rencontrons le Roi-Soleil ! Cet astre que la Kabbale place traditionnellement en Tiphereth -Séphirah centrale de l'Arbre, tout comme notre étoile est le plus souvent considérée comme le centre du système solaire- ; encore un autre biais du Mésotérisme tel qu'évoqué ici.

Pour notre part, nous le situons donc plutôt sur la dernière Séphirah de l'Arbre -Yesod- de la même manière que le Soleil dans l'Espace, loin d'être un centre statique autour duquel tournerait des planètes, est en réalité à la fine pointe de spirales que celles-ci dessinent dans leur course au sein d'une autre grande spirale, celle de notre Galaxie cette fois...


Celui qui décide, dirige, guide, ouvre la voie, ne se place pas au centre mais devant : il indique le cap… Or dans "capitaine", cap signifie tête, chef et non pas cœur (Yesod et non pas Tiphereth donc !)

L’œil dirige la tête que prolonge l’épine dorsale, à l’opposé d’un centre d’un monde statique inexistant, voila la véritable image analogique du Soleil conduisant, dans la galaxie, ses pouvoirs et ses alliés comme un vol de cigognes...

Pour finir avec le positionnement du Soleil en Yesod -et ce que cela signifie- remarquons qu'il se trouve ainsi à la jonction du Olam HaAssiah et du Olam HaYetsirah, autrement dit à la jonction du Conscient et de l'Inconscient chez l'Homme... 

Nous somme ici au niveau du subconscient dont le maître est... l'Ego !

Ce faisant, il est également à la base de la dernière Triade de l'Arbre, celle que la kabbale nomme le Triangle magique, ce qu'A. de Souzenelle explique bien lorsqu'elle démontre que cette Triade est celle de nos ténèbres psychosomatiques... 

Il s'agit en fait de notre Représentation du Monde -le plus souvent inconsciente- que nous extériorisons constamment hors de nous dans un jeu de rôle dont nous sommes les comédiens plus ou moins consentants... Ne dit-on d'ailleurs pas que le Soleil est la Planète de la personnalité, du latin persona : masque de théâtre !


Lorsque le travail initiatique est enclenché, tel que défini par la Lettre Kaph ou encore par le célèbre acronyme VITRIOL, le Soleil peut cependant aussi devenir le symbole de l'Individu Conscient (de lui-même). Un astre qui éclairera ainsi le monde autour de lui, comme est d'ailleurs la véritable fonction d'une étoile...

Attention cependant ! ici les chausse-trapes sont nombreuses... Ne confondons pas, par exemple, Roy-Soleil et Roi-Mage : l'un se complaira dans l'image qu'il renvoie, l'autre maîtrisera aussi bien qu'il le peut les turbulences de son inconscient...

Ne confondons pas non plus Décision et précipitation, Volonté volontaire et la véritable Force... ou encore Détermination et la propension à imposer ! D'autant plus lorsqu'on sait que le Soleil est une Planète de principes qui permet de justifier ses comportements...

Le Soleil possède cette propension à croire au fonctionnement "parfait" de l'être, mais souvenons-nous bien que cela reste un Idéal qu'il s'agit avant tout de mettre à l'épreuve de la Matière, avec toute l'humilité dont nous serons capables...

Lune

"La Lune reçoit, concentre et synthétise sans les différencier, l’ensemble des interactions globales du système solaire, au même titre que la Terre" - La fonction lunaire selon l'Astrologie conditionaliste.

C'est également le cas de la Séphirah MaLKuT, notre plan d'existence, par rapport à l'Arbre dans son ensemble. Cela expliquant notre choix d'associer la Lune à Malkut, plutôt que traditionnellement à Yesod.


Et voici tout le système qui se met en place, avec ses 3 Triades de Planètes + la Lune, qui occupe donc une situation à part, aussi bien dans l'Arbre que dans l'Astrologie conditionaliste.

La Lune symbolise notre capacité à recevoir, à être influencé, à s'intégrer dans une globalité.

A l'extrémité de l'Arbre, c'est-à-dire de la "descente" de la conscience au sein de la matière (incarnation), l'être n'a pas encore commencé le processus d'individuation. L'être lunaire appelons-le ainsi, est entièrement malléable au sein du groupe animal humain. Au mieux, cela lui permet de s'y intégrer afin de survivre tout simplement... Au pire, il s'y abandonne, s'y laisse aller, sans même se rendre compte qu'il phagocyte et parasite ainsi le groupe humain en question... 

Autrement dit, l'ego de l'être n'est pas encore constitué, mais paradoxalement l'être en question est immensément egocentrique : rien d’autre ne compte pour lui que son bien-être immédiat. 

Tel un petit enfant refusant obstinément de devenir adulte, il joue du chantage à la faiblesse, il apitoie autrui en exhibant ses défaillances. Incapable de se désolidariser volontairement de son groupe, il est également impuissant à s’y faire valoir, à y trouver son utilité, sa raison d’être profonde. À force de se fondre dans l’ambiance, il en devient anonyme, transparent, sans consistance, prisonnier de ses instincts grégaires et moutonniers, refusant de prendre ses responsabilités. Il rêvasse sa vie plutôt que de vivre ses rêves, préfère la torpeur sécurisante et la dépendance confortable du giron familial à la dure aventure d’une existence assumée et d’une indépendance revendiquée. 

Au sein du groupe humain, la fonction lunaire est extrêmement coercitive... Certes, accepter la Description du Monde telle qu'on nous la prescrit depuis notre naissance procure l'intégration et donc la protection du groupe (processus d'inclusion : on se serre les coudes), et cela est très rassurant. 

Mais a-t-on bien conscience du prix à payer pour cela..? 

A l'inverse, toute déviation à cette acception de la Description du Monde entraîne un processus d'exclusion : casses-toi tu pues, tu n'es pas de ma bande ! 

En conclusion, la Descente de l'Arbre n'est pas terminée... Il manque encore d'atteindre son Fondement en Yesod, informé par... le Roi-Soleil ! Cela sera le 11ème et dernier Arcane qui met un terme au processus d'incarnation. Puis à partir du 12ème Arcane et jusqu'au 22ème, il s'agira du processus d'assomption de l'être...

Mercure


Dans l'optique de se représenter le Monde, Mercure est le complémentaire de Vénus. Si cette dernière est notre capacité à le percevoir par l'intermédiaire de nos sens et de notre sensibilité, Mercure est notre capacité à l'analyser par notre pensée.

Première planète à explorer le mouvement périphérique autour du Centre (le Soleil), elle permet à l'individu de réfléchir et penser par lui-même. Mais réfléchir - faire courber - c'est créer des images qui ne sont pas la réalité... Et pour commencer, c'est créer une image de soi !

Cette image de soi va être renforcée par notre dialogue intérieur, par nos pensées. Cette capacité à penser, à s'auto-observer, à se considérer comme un sujet séparé de l'environnement dans lequel on évolue, crée le sentiment d'individualité.

A partir de là, Mercure est notre capacité à traiter les informations de notre environnement. Son énergie est division : division en parties pour mieux les analyser. Mercure décompose les informations reçues, les organise, les abstrait de leur condition concrète, cela afin de les intégrer, de les comprendre. Riche de cette compréhension, ces informations sont ainsi réutilisées pour s'adapter à son environnement et on peut les retransmettre à l'aide de symboles (mots, images, etc.)

Capacité à organiser les informations, Mercure nous pousse également à les comparer, catégoriser, hiérarchiser, etc. Elle est donc aussi à l'origine de notre sentiment d'importance personnelle (ou de notre mésestime, mais en réalité il s'agit de la même médaille...) et de notre sentiment de séparation d'avec le Tout, qui induit son cortège de peurs...

Cependant, Mercure, dans une octave supérieure est également notre capacité à manier et fixer notre attention, à discriminer l'essentiel du superflu... donc potentiellement à percevoir le Réel derrière les illusions... autrement dit à viser le Vrai et le Juste.

Vénus

Vénus permet à l'individu de percevoir le monde qui l'environne via une sensibilité physique (les 5 sens) mais également psychique. Grâce à elles, l'individu ressent du plaisir, ou de la douleur. Et ceux-ci génèrent en lui goût et désir pour ce qui est bon et beau pour lui, dégoût et crainte pour ce qui est mauvais et laid pour lui.

Vénus permet également à l'individu de partager ses expériences ; d'être généreux et affectueux avec ceux qui lui plaisent ; la forme de plaisir partagé la plus intime étant bien sûr la sexualité.

La crainte que génère la douleur pousse l'individu à rechercher une forme d'harmonie dans son environnement. Il est ainsi capable de définir ce qui serait le mieux et le pire et de faire des compromis afin de vivre en équilibre avec ceux l'entourent.

Vénus porte l’énergie de l’éveil des sens, de la sensibilité à la beauté, qui permet d’établir des valeurs personnelles. C’est la réceptivité et la sensibilité de Vénus qui développent ce sens du beau et permet de transformer l’idée et le concept en une forme sensible. C’est la mission de Vénus d’affecter dans notre vie le goût de l’élégance, de la douceur, de la beauté.

Elle est souvent considérée comme une énergie féminine. On l’associe dans un thème à des personnes féminines plutôt jeunes, comme les sœurs, par exemple. La féminité de Vénus n’est cependant pas maternelle (Lune), c'est une féminité de grâce et de douceur.

Cet astre possède en fait deux versants. A la base de notre affectivité (sensualité, émotion), elle nous entraîne vers l'expérimentation sensitive, animale de notre environnement ; à la recherche d'excitation à tout prix également, entraînant alors nos variations d'humeur. Son symbole nous montre cependant son autre versant...

Le rond (l'esprit) domine la croix (la matière), symbole de la maîtrise de la matière par l'esprit. Il s'agirait ici de plutôt sublimer notre sensibilité, notre sensualité, afin d'entraîner un mouvement vers le Haut - vers le Beau & le Bon. C'est la symbolique du Serpent qu'il s'agit de faire se dresser en soi, plutôt que de continuer à le faire ramper ici-Bas, dans une dispersion de nos énergies...

Uranus


Uranus et Neptune forment une paire symbolique complémentaire.

Si Neptune symbolise l'expansion du champ de conscience permettant de percevoir au-delà de nos 5 sens, Uranus symbolise à l'inverse une restriction du champ de conscience. Cela se retrouve très clairement dans les deux symboles astrologiques choisis pour désigner ces deux Planètes :

Si Neptune "s'ouvre" pour accéder au Tout, Uranus se concentre sur un point particulier pour l'étudier dans le détail et la profondeur. 

Comme nous l'avons vu précédemment, Neptune informe la Séphira Hokmah tandis qu'Uranus informe Binah. Ces deux Séphiroth, au niveau microcosmique, peuvent être associées aux deux hémisphères cérébraux. Ainsi, lorsque Neptune emploie une approche holistique, Uranus emploie une approche linéaire ; de même Uranus privilégiera l'analytique au synthétique, la logique à l'intuitif, etc.

Pour cette raison, tandis que Neptune tend à faire s'estomper le sentiment d'individualité, Uranus pour sa part tend à renforcer le processus d'individuation. C'est pourquoi les concepts d'originalité et d'émancipation sont souvent associées à cet Astre.

Le versant négatif de cette Planète peut ainsi pousser l'être à développer un côté révolté et anarchiste qui ne reconnait aucune forme d'autorité et place au-dessus de tout une forme de liberté irresponsable. Autrement dit à renforcer l'égoïcité de l'être.

Mais cela n'est pas la seule voie que propose Uranus... Le développement de l'originalité propre à chaque individu peut également être mis au service du Tout (dont il a fallu certes dans un premier temps, s'émanciper) lorsque l'individuation ne rime pas avec individualisme...

Plus globalement, bien qu'ayant la capacité à se focaliser, Uranus offre aussi la possibilité de prendre conscience de la complexité du Monde, de la manière dont tout est intriqué. L'océan et la goutte d'eau par exemple sont intriqués... d'ailleurs l'intrication est un concept de la physique qui consiste à considérer deux particules comme étant inséparables sur le plan quantique, bien que les deux particules puissent être spatialement séparées sur notre plan...

Neptune


Neptune symbolise la potentielle relation de l'être avec le Divin, avec le Tout. Son potentiel est de permettre à l’individu de pressentir ce que ses cinq sens ne lui permettent pas de percevoir. Elle lui donne accès à un champ de perception plus étendu et plus subtil que l’individu éprouve dans des instants de « grâce » qui semblent l’unir intimement au tout. Elle permet de sentir les choses davantage que les comprendre et raisonner.

Profondément, Neptune, également dieu des abysses, est notre capacité à nous connecter à un "espace" hors du temps où le sentiment d'individualité s'estompe et où un sentiment de plénitude s'installe, comme nous pouvons le ressentir sous l'eau... Attention de ne pas s'y laisser absorber tel Jacques Mayol dans le Grand Bleu !

Si Neptune informe HoKMaH, c'est également le cas des deux Lettres Hé et Qof. Cette dernière est la seule lettre de l'alephbeit qui descend sous la ligne d'écriture... Quant au Hé, rappelons qu'elle est la Lettre du Souffle qui inspire...

D'ailleurs, sans aller jusqu'à ces moments d'extase, de ressenti fugace de l'Unité... de l'ouverture du champ de conscience et donc l'hypersensibilité que permet Neptune, découlent notre capacité à recevoir des intuitions, la fertilité de notre imagination, notre créativité et notre capacité à nous émouvoir face à une oeuvre d'art, qu'elle soit naturelle ou humaine, notre empathie, ou encore notre potentiel de voyant.

Gare cependant aux illusions dans ces domaines... la propension à s'illusionner étant le versant négatif de cet Astre. De plus, le processus de dépersonnalisation que Neptune entraîne, s'il peut mener à l'illumination dans le meilleur des cas, peut aussi mener l'être à toutes formes de fuite du monde, à un désengagement dans la vie incarnée, voire à la prise de drogues ou à toute sorte de névroses et psychoses jusqu'à la folie.

La tentation est grande parfois,  et "l'appel de l'océan" le symbolise bien, de sombrer avec la nostalgie de l'Unité perdue suite à la Chute. Cette nostalgie est symbolisée par la petite queue du Beit traînant vers le Aleph. Mais la chemin du Retour passe désormais par aller de l'avant, tel Guimel ! par l'acceptation de la Matière et de l'Oeuvre alchimique à réaliser.

Cette "prise de terre" seule permettra d'éviter les multiples illusions et donc enfermements que les enchantements de Neptune peuvent entraîner. Pour autant, cet enracinement réalisé, l'être a tout intérêt à développer son potentiel neptunien afin de relier le Haut et le Bas. Aussi afin de communier fraternellement plus aisément, Neptune estompant les frontières du moi...

Mars


Mars symbolise le besoin qu'éprouve tout être humain de s'exprimer pour avoir, d'une façon ou d'une autre, prise sur le monde. Autrement dit, le désir de transformer le monde, d'une façon ou d'une autre, par ce qui "sortira" de soi (ex-pression).


Il y a l'idée de se confronter au Monde, d'exister face au Monde, de relever des défis. Autrement dit d'affirmer son Moi et d'enrichir sa conscience.

Ce concept du "Moi" ou encore de l'ego est généralement mal perçu dans le milieu de la spiritualité, car à l'origine du sentiment de séparation et donc de la souffrance (par perception erronée de la réalité), ou encore de l’égoïsme et de l'orgueil.

Pourtant, au niveau macrocosmique et selon les cosmogonies, la Création serait la résultante d'une volonté divine de s'exprimer, c'est-à-dire de se manifester. Comment comprendre ce paradoxe ?

Notons également que dans la mythologie romaine, Mars est le dieu de la guerre mais qu'il serait également le dieu responsable de la fertilité des cultures.

Il y a ici un mystère... qu'on ne peut saisir qu'en prenant "de la hauteur". Si cette expression du Moi semble naturelle, peut-être s'agit-il plutôt d'en éviter les écueils (égotiques).

Mars est le dieu des guerriers et de la stratégie ; il est à différencier d'Arès, son équivalent grec, par la différence de leur caractère : honnête et droit pour l'un, fourbe et malicieux pour l'autre.

Peut-être s'agit-il de se référer au concept du Guerrier stratège sur une autre octave de compréhension que celle du troufion de base. C'est-à-dire comme une manière d'être au monde permettant à la fois d'éviter les travers du moi et de révéler le meilleur de soi.

Jupiter


Jupiter et Saturne forment une paire symbolique complémentaire.

Rappelons-nous que Saturne est notre capacité de réflexion vis-à-vis de l'épreuve vécue afin d'en fixer l'essentiel. Elle est donc ensuite notre capacité de renoncement non imposé car nous en comprenons la nécessité spirituelle.

Il y a ainsi une idée de restriction dans Saturne. Jupiter pour sa part soutient l'idée d'extension.

Si Saturne nous place dans une attitude d'introversion vis-à-vis du monde, Jupiter au contraire nous pousse à l'extraversion. Cette Planète, c'est la formidable énergie qui peut nous habiter lorsqu'on veut "croquer la vie à pleine dent". Il ne peut alors y avoir question de contrainte ou encore projection de l'échec. C'est la manifestation d'un optimisme débordant, le désir de tout assimiler.

Il y a donc ici le risque de pécher par excès, de s'atteler à plus que ce qu'on est capable d'assumer... Ou encore celui de privilégier la quantité à la qualité !

Cependant, sans ce Potentiel que représente pour l'être cette Planète, nous ne sortirions pas du "home-sweet-home" sclérosant que peut symboliser Beit dans son aspect négatif. Jupiter est associé à Guimel - le chameau qui part pour le grand Voyage initiatique, confiant dans la Vie, confiant dans ses ressources internes.

Il s'agira "simplement", pour l'être cherchant le juste milieu, de pondérer cette énergie avec celle de Saturne qui nous enseigne souvenons-nous, la responsabilité. Pourtant, contrairement à l'aspect moral qui est souvent associé à Jupiter, il ne nous semble pas y avoir tant de notion de "bien" et de "mal" associé à cette dialectique Jupiter/Saturne. Plutôt une notion d'efficacité...

A un certain niveau, rien n'est "blâmable" du point de vue de l'âme venue s'incarner pour expérimenter, s'enrichir de l'expérience terrestre. Mais il faut aussi peut-être comprendre que tel choix entraîne toujours la même conséquence ! que mouliner dans le vide, quel que soit l'énergie déployée, n'entraîne aucun mécanisme positif.

Saturne est ce qui va canaliser Jupiter pour éviter la dispersion, l'égarement aussi.

Inversement, ne se polariser que sur le potentiel de Saturne rendrait aride l'expérience terrestre. La joie de découvrir, de s'investir sans modération, d'oser sans présupposer, de vivre tout simplement, doit précéder la distillation saturnienne.

Saturne


Saturne est une planète complexe ; elle est associée au long terme.

Elle possède deux versants : soit elle permet le développement des capacités personnelles grâce à l'intégration de l'expérience vécue, soit elle entraîne un manque de confiance en soi qui empêche le progrès.

Or, la manière dont cette Planète va être vécue dépend entièrement de l'individu. C'est d'ailleurs le point central concernant la symbolique de cet astre, celui de la Responsabilité personnelle. Saturne nous demande de devenir "responsable", c'est-à-dire d'être apte à "répondre"... à l'épreuve. C'est-à-dire encore au fait de se donner soi-même les-preuves de notre pouvoir personnel.

Saturne nous apprend à affronter la réalité ; elle nous y ramène, souvent durement, mais cela parce que nous nous complaisons très vite dans nos zones de confort - et d'illusion dès que l'épreuve précédente est passée depuis un certain temps...

D'un point de vue initiatique, Saturne, sous ses côtés "dur paternel", est en réalité notre plus grand Allié. Elle est l'astre qui nous pousse à évoluer sans cesse, à ne pas nous enliser dans nos terres plus ou moins fraîchement et durement conquises.

Saturne nous demande de renoncer à l'acquis pour aller vers l'inconnu, cet inconnu qui nous fait peur voire nous terrifie, mais qui recèle les énergies encore non exploitées de notre être profond. Une fois la barrière passée, l'épreuve vécue et intégrée, ce terrifiant Gardien du Seuil redevient ce qu'il était : une projection de notre propre peur, une illusion qui cachait en fait un nouveau paradis inattendu.

Si le bébé continuait à téter, il ne deviendrait pas un enfant ; si l'adolescent ne rentrait pas dans la vie active, il ne deviendrait pas un adulte, et ainsi de suite...

Au début, ces étapes, assez codifiées, sont assez claires, ce qui ne signifient pas par ailleurs qu'elles sont aisées à passer. Mais une difficulté bien supérieure advient lorsque ces étapes sont beaucoup moins bien conscientisées... Or Beit nous rappelle que notre vocation est de faire croître le Germe en soi, que nous le voulions ou non... et là est tout ce qui va entraîner le Drame de nos vies !

Soit nous accompagnons ce processus consciemment et alors Saturne est notre Allié, c'est-à-dire notre Adversaire. Sans cette résistance, nous n'aurions pas matière à nous éprouver... et donc à découvrir et à manifester notre Potentiel.
Soit nous résistons à ce processus, parfois sous soi-disant bon prétexte, mais en réalité par infantilisme initiatique. Saturne devient alors notre enfer sur Terre, nous faisant crouler sous les épreuves dont nous ne devenons donc pas responsables. Sous les coups répétés, le risque est alors de se mésestimer de plus en plus, de devenir pessimiste, cynique, acariâtre, voire de déprimer jusqu'au pire.

En résumé, si Saturne est bien vécu, c'est la construction de notre être réel, c'est renoncer non pas de manière imposée mais comprise et acceptée, c'est fixer l'essentiel, c'est devenir autonome et responsable.

Pluton


Pluton est la planète la plus éloignée de la Terre, elle est dite trans-saturnienne, Saturne étant la dernière planète visible à l’œil nu. Elle est associée à Hadès, le dieu des Enfers.

Lorsqu'on évoque les Enfers, deux noms viennent à l'esprit : Satan et/ou Lucifer. Il ne faut cependant pas confondre les deux... Nous allons voir que cette Planète symbolise justement deux choses différentes, qui ne font peut-être qu'une seule à la fin...

Pluton correspond aux profondeurs de notre être : « Quand, évoquant les traces du passé ancestral dans le labyrinthe de la psyché, Jung déclare que nous traînons la queue du saurien, il met le doigt sur le clavier des énergies plutoniennes qui nous habitent ». Nous avons ici l'aspect "satanique" de Pluton, ce qui réduit l'Homme à son état le plus reptilien, le plus animal : les instincts primaires, les pulsions, les obsessions, les fantasmes, les peurs archaïques. Autrement dit ce qui est profondément enfoui en chacun et qu'on s'empresse d'oublier ou d'occulter lorsque cela apparaît à la surface, mais qui ne cesse pourtant d'agir en profondeur à tout moment !

D'un autre côté, Pluton symbolise le processus de mutation, de transformation, de renaissance et de régénération dont l'Homme a le potentiel. Par conséquent elle indique la transformation que chacun peut réaliser pour "naître à nouveau". Ces énergies cachées, occultées, sont aussi « des richesses cachées » que nous devons amener à la clarté de notre conscience, afin d’en disposer pour plus de puissance. Nous avons ici l'aspect "luciférien" de Pluton, Lucifer signifiant "porteur de Lumière". Rappelons également que chez les Grecs, Hadès signifie littéralement "dieu de la richesse"...

C'est en fait le processus alchimique que Pluton symbolise : "descendre à l'intérieur de la terre et rectifiant, trouver la pierre cachée". Il s'agit de descendre dans nos profondeurs, de faire face à nos "travers" (histoire de les rectifier justement), à nos peurs qui ne sont souvent que des blessures qu'il s'agit de soigner... avec beaucoup d'amour ! Méditons sur le Cerbère, le Gardien du Seuil...

Enfin, il y a l'aspect destructeur de Pluton. Il peut détruire, mais c’est – à l’occasion d’une crise – pour nous permettre de reconstruire, et aller ainsi du pire au meilleur. Cette destruction s'applique en fait à tout ce qui, individuellement et collectivement, ne possède pas de bases solides et essentielles (de l'essence du Ciel). A tout ce qui est illusion, qui ne mènera à rien sur le long terme même si nous n'en avons pas forcément conscience dans le plus ou moins court terme. L'acceptation et la foi doivent alors être de mises, il y a ici à l'oeuvre une Intelligence et une Sagesse qui dépassent notre entendement... mais auxquelles nous devons également nous associer de plus en plus consciemment afin d’accélérer notre transfiguration.


"De même qu’on porte le poids de son propre corps sans le sentir, comme on le sentirait de tout corps étranger qu’on voudrait mouvoir, de même on ne remarque que les défauts et les vices des autres, et non les siens. Mais en revanche chacun possède en autrui un miroir dans lequel il peut voir distinctement ses propres vices, ses défauts, ses manières grossières et répugnantes. Mais il fait d’ordinaire comme le chien qui aboie contre le miroir, parce qu’il ne sait pas que c’est lui-même qu’il y aperçoit et qu’il s’imagine voir un autre chien."
A. Schopenhauer