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le Capricorne

  

Saison : Hiver
Secteurs : Nocturne / Oriental
Croix : Cardinale
Élément : Terre
Planète maîtresse : Saturne
Maison X - Axe IV/X



Le symbole du signe du Capricorne est double : cornes de chèvre et queue de poisson ! Lorsqu'on le trace, c'est la même dynamique que lorsqu'on écrit la lettre z en cursive : d'abord un "r" (rocailleux) puis la boucle du "j" (juteux).

La lettre z est désormais la dernière de notre alphabet latin, elle termine la boucle et fait le lien avec la première lettre. Mais ce ne fut pas toujours le cas, elle était auparavant la 7ème lettre des alphabets Hébreu (Zayin) et Grec (Zêta). 

Or Zayin est la lettre qui informe en descente la Séphirah Gebourah dans le système que nous développons dans cette Grange...  Etrange jeu de miroirs avec la lettre Âyin qui informe cette Séphirah en montée cette fois, et à laquelle le signe du Capricorne est lié. Mais ce n'est pas tout ! le Z est symbole de la Foudre (le fameux éclair que tient Zeus...) que nous retrouvons dans la Maison Dieu, la lame du Tarot associée au Capricorne !

Ceci dit, revenons à l'aspect "rocailleux" du Capricorne pour commencer, ce signe qui initie l'Hiver lors du solstice correspondant. Car c'est bien cet aspect, sûrement soutenu par sa planète maîtresse Saturne et l'élément Terre, qui est souvent souligné avec ce signe.

Et puis, disons-le tout de suite, de son aspect montagneux... Le Capricorne vise le sommet de la Montagne et ce signe présente les qualités qui lui permet de ne pas seulement en rêver, mais de sérieusement l'envisager. 

Endurance, autodiscipline, indépendance, patience, prudence, perfectionnisme, économie, frugalité, limite ascète, responsabilité, structure, force intérieure, goût de l'effort, caractère déterminé, ambitieux, raisonnable, pratique...

Bon, de quoi ascensionner une Montagne quoi ! de quoi peut-être continuer l'ascension surtout... tandis qu'avec le XVème Arcane, le pèlerin avait déjà atteint Tiphereth.

Le Capricorne vise rien de moins que la Réalisation spirituelle, de devenir le Fruit contenu en essence dans la Graine que nous sommes tous, après avoir fleuri au centre de la Croix. "Que le Christ soit formé en vous", voilà ce à quoi nous fait aspirer ce signe, sans détour.

Voilà voilà... et puis il y a cette queue de poisson. Du Roi du Monde, aux crustacés.

Le pèlerin alpiniste a ascensionné, aussi haut qu'il l'a pu en tout cas, il a "vu", il a été illuminé (par la Foudre ?) mais attention, rien à voir avec l'illuminisme (pas vraiment le genre d'la bête !) et maintenant, fruit juteux (telle une grenade ?) il va s'agir de redescendre en fond de vallée.

Dans l'idée, il s'agit de partager les fruits de sa quête personnelle, en tâchant de les universaliser. C'est la fameuse loi d'Amra, qui fait partie intégrante du chemin.

Mais il va également s'agir je pense, de confronter ces fruits aux contingences matérielles desquelles le héros s'était momentanément et plus ou moins partiellement libéré en haut de sa montagne (youhou je vole !) 

Plus précisément, est-ce que je n'aurais pas oublié deux ou trois trucs en bas de la montagne ? Est-ce que j'ai enfin compris le sens de la limite ? celle de l'artère pour le sang par exemple ?

Est-ce que j'accepte les variations ? du haut du Mont Blanc à la machine à laver d'un rouleau bien marin ? Est-ce que j'arrive à tomber sans me faire mal (coucou Âyin en bas de la Maison Dieu !) ? Est-ce que j'en comprends le sens ?

Est-ce que je nage aussi bien que je grimpe autrement dit ? Peut-on faire les deux en même temps ?

Que signifie vraiment : la Passion du Christ ?

le Sagittaire


  Saison : Automne
  Secteurs : Nocturne / Occidental
  Croix : Mutable
  Élément : Feu
  Planète maîtresse : Jupiter
  Maison IX - Axe III/IX




Le Sagittaire, en tant que centaure tirant à l'arc, est également un arbre à trois étages (cf. Samech).


Le cheval est l'animal qui possède symboliquement les énergies les plus archaïques, les plus primitives de l'Homme, celles qui contiennent en germe toute la force de croissance de son arbre mais qui, investies tout entières dans les limites animales, laissent l'Homme identifié à l'animal, son compagnon du "6ème Jour".

Dans l'Arbre séphirothique, il s'agit de la Triade inférieure, de nos "ténèbres psychosomatiques" ; ce sont tous nos conditionnements, innés ou acquis par l'éducation. Tout ce qui nous fait réagir finalement, malgré nous, lorsque la force de vie nous percute.

Il s'agit dans la symbolique du Sagittaire, de se positionner au niveau du cavalier (c'est-à-dire dans l'Arbre, au niveau de la Triade centrale dont Tipheret est le centre). C'est la même symbolique que nous rencontrons avec Hercule lorsqu'il lutte avec l'Hydre. C'est finalement en la soulevant de terre qu'il vainc.

Que signifie se positionner dans la Triade centrale ? Cette triade, avec ses 3 Planètes : Saturne, Jupiter et Mars, est lié au Temps... 

Or la Triade inférieure est lié au Passé, elle est fondamentalement : réaction.

La Triade supérieure, l'arc visant le haut (l'à-venir), est fondamentalement : projection.

Et ces deux Triades se répondent l'une et l'autre, puisque nous projetons principalement en lien avec notre passé...

La Triade intermédiaire, le cavalier, se situe quant à lui dans le présent. Ce présent auquel nous avons tant de mal à faire face... (cf. le Diable) Le présent d'où peut jaillir "l'acte spontané" (cf. Mars

Dans l'idéal, les trois niveaux ont à être vécus ensemble. Le cheval est l'assise de l'Homme, qui va s'efforcer de s'y appuyer en vivant pleinement sa relation à la terre pour étayer son évolution. L'arc constitue notre force de concentration, d'intention... Le cavalier lui vise la conscience, la Présence...

Et c'est bien tout le problème du Sagittaire, concentré comme il est sur ce qu'il vise plutôt que sur le présent, oubliant le sol qui défile sous ses sabots, jusqu'à ce qu'il se les emmêle et chute lourdement !

Ou encore idéalisant un abstrait qui ne s'est pas encore incarné, mais bien rattrapé par le concret de l'incarnation, et cela quotidiennement...

Le cavalier, l'intention, le cheval... nous pourrions dire qu'il s'agit de les rendre un. Sachant que le cheval sera toujours le plus fort... que la flèche vise seulement une direction parmi d'autres... mais que l'Expérience se joue maintenant, à cavaler !

Etrangement, l'on se rend alors compte que passé, présent et futur ne forment qu'une seule expérience, qui a lieu ici et maintenant. Le Sagittaire nous donne une sacrée clef, au centre de l'Arbre. Il nous exhorte à faire face ! à investir le centre, à trouver l'assiette qui ne fait que suivre le mouvement... à être aussi concentré que fluide... et finalement...

... à être hors-du-temps, à stopper-le-monde.

le Scorpion



Saison : Automne
Secteurs : Nocturne / Occidental
Croix : Fixe
Élément : Eau
Planète maîtresse : Mars / Pluton
Maison VIII - Axe II/VIII




Le mystérieux Scorpion... qui occupe le milieu de l'Automne, lorsque le vent arrache les feuilles jaunies des arbres, laissant peu à peu apparaître leur nudité squelettique. Ces feuilles et autres déchets tombent au sol -retour au chaos et à la matière brute- en attendant que l'humus prépare la renaissance de la vie. Quant à l'animal, il fuit la lumière et aime vivre caché.

Alchimie, bonsoir.

Avec le Scorpion, nous sommes au cœur du complexe sudo-anal du freudisme ; mais aux valeurs psychique de l'anus se joignent celles du sexe ; et l'on voit se camper une dialectique de la destruction et de la création, de la mort et de la renaissance, de la damnation et de la rédemption, le Scorpion étant chant d'amour sur champ de bataille ou cri de guerre en champ d'amour...

Dans cet univers en Rouge & Noir (salut Stendhal et autres courants politiques), l'individu prend racine dans les convulsions de ses entraves, et il n'est vraiment lui-même que secoué de la transe sauvage d'un démon intérieur qui a soif, non de bien-être mais de plus-être.

Le Scorpion a tout pour plaire : la démarche de l'araignée et du serpent à la fois. Cette lenteur lourde de menace – une hésitation enceinte d'une vivacité... Il danse à petits pas avec Éros et Thanatos – prêt à se laisser mourir de plaisir mais, à la moindre douleur, se sentant revivre. Il ne cesse de se détruire et de renaître à longueur de journée !

Le Scorpion n'a pas l'air tranquille. Le scorpion s'interroge. Il doute. De tout et même parfois de ses doutes. C'est un interrogatif entêté. Un inquiet obstiné. Son doute a quelque chose de sérieux, de réfléchi, de rassurant finalement. Les gens sont tellement plongés dans le doute, submergés par le doute, qu'on ne peut même plus dire qu'ils doutent. Le scorpion, lui, doute vraiment. Et à force de ténacité, il finit par imposer son doute à tout le monde.

Nous pourrions ajouter que le Scorpion pique : il a le ton vif, l'ironie facile, le sarcasme rapide. En même temps, il est facilement vexé ; il est susceptible. Il est aussi autonome et indépendant. Il est critique. Autocritique. Curieux. Sexologue. Psychanalyste. Sado-maso. Caca boudin. Agent secret, double de préférence. Le scorpion est mal vu, c'est le mal aimé du zodiaque. On convoite ses richesses enfouies et ses pouvoirs secrets. On redoute son côté faustien. Tout cela étonne le scorpion. Il se croit très simple. Le pire, c'est qu'il l'est, d'une certaine façon. Étrangeté du Scorpion.

Mais arrêtons là le portrait psycho, notons plutôt et pour finir, le lien entre la symbolique de ce Signe et le 14ème Arcane (mais aussi avec le 9ème, situé au même endroit sur l'Arbre, dans le système que nous développons ici). En effet, comme nous l'avons vu avec la Lettre Noun, nous sommes ici dans la symbolique de la pousse végétale qui prend racine dans l'humus du bas de l'Arbre séphirothique et qui commence à s'élever à l'Air libre. 

Le Scorpion donne la clef de la Remontée de l'Arbre, après le Retournement proposé au 12ème Arcane et la Mort vécue au 13ème. Il est dépouillement et riche pauvreté, c'est-à-dire sobriété heureuse.

Le Scorpion est la chenille de l'Aigle. 

la Balance

 
     
     Saison : Automne
     Secteurs : Nocturne / Occidental
     Croix : Cardinale
     Élément : Air
     Planète maîtresse : Vénus
     Maison VII - Axe I/VII





La Balance est le second Signe d'Air du zodiaque ; sa Planète maîtresse est Vénus.

C'est également le premier Signe de l'Hémisphère supérieur du zodiaque. Cela tombe bien, puisque le 12ème Arcane, dont la Balance est un aspect, commence pour sa part la "remontée de l'Arbre" - l'assomption de l'être. Sans parler de la douzième Lame qui évoque clairement un Retournement

Avec la Balance, nous entrons également en Automne, période à partir de laquelle la lumière solaire devient minoritaire, au profit de la Nuit. 

Comme nous l'avons vu tout au long de ce douzième Arcane, nous sommes ici à un véritable tournant et il s'agit bien de prendre une autre direction (Lamed). Un virage intérieur à 180° qui va nous engager vers une initiation dite "ionienne", dont la Lune est le symbole.

Jusqu'à là, la conscience est "descendu dans la matière" -ce que la Tradition a nommé la Chute- et à expérimenté la séparation d'avec le Tout. Cela a commencé symboliquement par le Bélier qui coïncide avec le développement de la personnalité, et s'est poursuivi jusqu'à la Vierge dont la modalité est le faire.

Entre-temps, l'être s'est alourdit, pris dans l'illusion de la séparation et de tous ses avatars. En particulier l'avatar de la peur qui en entraîne bien d'autres... Pour se protéger, l'être accumule alors les possessions, les relations, sans se rendre compte qu'il construit ainsi sa propre prison. Une prison dont il est le véritable tyran même s'il pense que l'extérieur est sans cesse la cause de ses tourments.

Ceci dit, à force de parcourir la Roue, l'être prend conscience à un moment donné du fait d'être conditionné et du poids chèrement payé de son ego surdéveloppé. Il s'engage alors sur la voie du Guerrier, quel que soit le nom qu'elle prenne au gré des époques et des cultures. C'est l'initiation "dorienne" dont le Soleil est le symbole.

Il s'agit en d'autres termes du processus d'individuation de l'être, où la responsabilité est le maître terme et qui mène vers l'autonomie et l'originalité. Il s'agit de se traquer soi-même, de "redéployer son tonal", d'épargner et d'accumuler de la force vitale par un mode de vie impeccable (mais non moral !)

C'est l'être qui maîtrise petit à petit les lois de la matière et que l'Empereur, le Chariot et la Force symbolisent. Il acquiert de la puissance, et "puisqu'il peut, il veut". Son Vouloir se développe, son côté Yang se renforce.

Et nous en arrivons donc à la Balance, "cette brise légère qui rafraîchit". Car oui, l'initiation dorienne a quelque chose de lourd, dans l'importance et l'histoire personnelle qu'elle colporte, la prise de responsabilité qu'elle suppose, le je suis et son je veux qui prédominent, l'accessibilité qu'elle offre au monde, etc.

Avec la Balance, Nous sommes. Tout ne tourne pas autour de notre petit nombril, l'être découvre l'allocentrisme. La puérilité de ses "je peux et je veux". La Balance nous fait accéder au côté Yin de la vie, notamment à l'écoute et à l'observation. Elle nous apprend à articuler notre moi avec son environnement, mais aussi plus subtilement à harmoniser notre Moi avec notre soi

C'est un retournement brutal de point de vue lorsque la Balance est pleinement vécue. L'initiation ionienne peut commencer, et elle commence par être pendu (Lame XII)... symbole d'impuissance... en tout cas d'un point de vue dorien ! Mais c'est en réalité à un autre type de maîtrise que l'être est alors appelé.

Il s'agit d'écoute, de non faire, de rayonner de manière plus subtile. Il s'agit cette fois de donner la prépondérance au Tout plutôt qu'à la partie, de se réintégrer dans la Trame qui nous dépasse bien largement et d'en devenir l'humble serviteur. 

La Balance ordinaire peut se perdre dans ce processus, confondant impersonnalité et inconsistance, service et oubli de soi. Ce Signe nous prévient pourtant dés le début de l'initiation ionienne, avec ses deux plateaux, qu'il va pourtant bien s'agir d'équilibrer les deux polarités du Tao.

Autrement dit, il s'agit davantage d'intégrer une nouvelle facette à l'Expérience qu'à en abandonner une partie pour se jeter dans l'autre. Le Soleil et la Lune ont leur raison d'être et c'est entre leur rayonnement complémentaire que l'assomption a lieu.

Toujours est-il qu'il y a d'autres manières d'agir, de façon plus subtile et élégante, d'autres manières de percevoir la Beauté que dans l'accomplissement personnel. Une libération a écouter le Monde plutôt qu'à s'écouter soi-même. 

Dans le balancement des plateaux, il y a aussi nous pensons cette capacité à renverser les valeurs et autres certitudes, même celles chèrement et fièrement acquises au cours de l'initiation dorienne. Une "remise à l'équilibre" avant de nouveaux choix qui laisseront plus de place à l'inconfort (eh oui ma pauvr' Balance...) mais aussi dont les transformations induites seront plus profondes pour l'être en question.

C'est le "cessons d'être gentils soyons vrais", tiens qu'est-ce que ça fait de dire merde à mon patron même si ce n'est pas très "spirituel", et le Guerrier en fait, c'est pas quelqu'un qui fait la guerre ? Et qu'est-ce que ça fait si pour une fois je ferme ma gueule ? Si pour une fois je suis à l'arrière-plan ? 

Soleil


Arrivé à mi-chemin de notre parcours, c'est seulement maintenant que nous rencontrons le Roi-Soleil ! Cet astre que la Kabbale place traditionnellement en Tiphereth -Séphirah centrale de l'Arbre, tout comme notre étoile est le plus souvent considérée comme le centre du système solaire- ; encore un autre biais du Mésotérisme tel qu'évoqué ici.

Pour notre part, nous le situons donc plutôt sur la dernière Séphirah de l'Arbre -Yesod- de la même manière que le Soleil dans l'Espace, loin d'être un centre statique autour duquel tournerait des planètes, est en réalité à la fine pointe de spirales que celles-ci dessinent dans leur course au sein d'une autre grande spirale, celle de notre Galaxie cette fois...


Celui qui décide, dirige, guide, ouvre la voie, ne se place pas au centre mais devant : il indique le cap… Or dans "capitaine", cap signifie tête, chef et non pas cœur (Yesod et non pas Tiphereth donc !)

L’œil dirige la tête que prolonge l’épine dorsale, à l’opposé d’un centre d’un monde statique inexistant, voila la véritable image analogique du Soleil conduisant, dans la galaxie, ses pouvoirs et ses alliés comme un vol de cigognes...

Pour finir avec le positionnement du Soleil en Yesod -et ce que cela signifie- remarquons qu'il se trouve ainsi à la jonction du Olam HaAssiah et du Olam HaYetsirah, autrement dit à la jonction du Conscient et de l'Inconscient chez l'Homme... 

Nous somme ici au niveau du subconscient dont le maître est... l'Ego !

Ce faisant, il est également à la base de la dernière Triade de l'Arbre, celle que la kabbale nomme le Triangle magique, ce qu'A. de Souzenelle explique bien lorsqu'elle démontre que cette Triade est celle de nos ténèbres psychosomatiques... 

Il s'agit en fait de notre Représentation du Monde -le plus souvent inconsciente- que nous extériorisons constamment hors de nous dans un jeu de rôle dont nous sommes les comédiens plus ou moins consentants... Ne dit-on d'ailleurs pas que le Soleil est la Planète de la personnalité, du latin persona : masque de théâtre !


Lorsque le travail initiatique est enclenché, tel que défini par la Lettre Kaph ou encore par le célèbre acronyme VITRIOL, le Soleil peut cependant aussi devenir le symbole de l'Individu Conscient (de lui-même). Un astre qui éclairera ainsi le monde autour de lui, comme est d'ailleurs la véritable fonction d'une étoile...

Attention cependant ! ici les chausse-trapes sont nombreuses... Ne confondons pas, par exemple, Roy-Soleil et Roi-Mage : l'un se complaira dans l'image qu'il renvoie, l'autre maîtrisera aussi bien qu'il le peut les turbulences de son inconscient...

Ne confondons pas non plus Décision et précipitation, Volonté volontaire et la véritable Force... ou encore Détermination et la propension à imposer ! D'autant plus lorsqu'on sait que le Soleil est une Planète de principes qui permet de justifier ses comportements...

Le Soleil possède cette propension à croire au fonctionnement "parfait" de l'être, mais souvenons-nous bien que cela reste un Idéal qu'il s'agit avant tout de mettre à l'épreuve de la Matière, avec toute l'humilité dont nous serons capables...

Lune

"La Lune reçoit, concentre et synthétise sans les différencier, l’ensemble des interactions globales du système solaire, au même titre que la Terre" - La fonction lunaire selon l'Astrologie conditionaliste.

C'est également le cas de la Séphirah MaLKuT, notre plan d'existence, par rapport à l'Arbre dans son ensemble. Cela expliquant notre choix d'associer la Lune à Malkut, plutôt que traditionnellement à Yesod.


Et voici tout le système qui se met en place, avec ses 3 Triades de Planètes + la Lune, qui occupe donc une situation à part, aussi bien dans l'Arbre que dans l'Astrologie conditionaliste.

La Lune symbolise notre capacité à recevoir, à être influencé, à s'intégrer dans une globalité.

A l'extrémité de l'Arbre, c'est-à-dire de la "descente" de la conscience au sein de la matière (incarnation), l'être n'a pas encore commencé le processus d'individuation. L'être lunaire appelons-le ainsi, est entièrement malléable au sein du groupe animal humain. Au mieux, cela lui permet de s'y intégrer afin de survivre tout simplement... Au pire, il s'y abandonne, s'y laisse aller, sans même se rendre compte qu'il phagocyte et parasite ainsi le groupe humain en question... 

Autrement dit, l'ego de l'être n'est pas encore constitué, mais paradoxalement l'être en question est immensément egocentrique : rien d’autre ne compte pour lui que son bien-être immédiat. 

Tel un petit enfant refusant obstinément de devenir adulte, il joue du chantage à la faiblesse, il apitoie autrui en exhibant ses défaillances. Incapable de se désolidariser volontairement de son groupe, il est également impuissant à s’y faire valoir, à y trouver son utilité, sa raison d’être profonde. À force de se fondre dans l’ambiance, il en devient anonyme, transparent, sans consistance, prisonnier de ses instincts grégaires et moutonniers, refusant de prendre ses responsabilités. Il rêvasse sa vie plutôt que de vivre ses rêves, préfère la torpeur sécurisante et la dépendance confortable du giron familial à la dure aventure d’une existence assumée et d’une indépendance revendiquée. 

Au sein du groupe humain, la fonction lunaire est extrêmement coercitive... Certes, accepter la Description du Monde telle qu'on nous la prescrit depuis notre naissance procure l'intégration et donc la protection du groupe (processus d'inclusion : on se serre les coudes), et cela est très rassurant. 

Mais a-t-on bien conscience du prix à payer pour cela..? 

A l'inverse, toute déviation à cette acception de la Description du Monde entraîne un processus d'exclusion : casses-toi tu pues, tu n'es pas de ma bande ! 

En conclusion, la Descente de l'Arbre n'est pas terminée... Il manque encore d'atteindre son Fondement en Yesod, informé par... le Roi-Soleil ! Cela sera le 11ème et dernier Arcane qui met un terme au processus d'incarnation. Puis à partir du 12ème Arcane et jusqu'au 22ème, il s'agira du processus d'assomption de l'être...

la Vierge


             Saison : Eté
             Secteurs : Diurne / Occidental
             Croix : Mutable
             Élément : Terre
             Planète maîtresse : Mercure
             Maison VI - Axe VI/XII




La Vierge est le second Signe de Terre du Zodiaque ; sa Planète maîtresse est Mercure.

C'est également le dernier Signe de l'Hémisphère inférieur de la Roue Zodiacale. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que la Vierge informe le 10ème Arcane au niveau de Malkut, soit juste avant la remontée de l'Arbre séphirothique.

De même, la modalité de la Vierge est le FAIRE, la réalisation concrète. Nous sommes bien à l'extrémité de l'Arbre, là où tout se matérialise, au sein du Olam haAssiah, le Monde de l'Action.

Enfin , rappelons que la Vierge engendre le Christ, c'est-à-dire le Yod. Ce Germe qui porte en potentiel tous les fruits que nous pouvons offrir au Monde si jamais nous allons au bout de notre développement végétal et qu'enfin, nous nous exprimions !

Ce qui caractérise ce Signe est le TRAITEMENT DE L'INFORMATION ; l'intelligence mercurienne est ici analytique. La Vierge analyse puis agit selon ce qui lui semble être l'action la plus efficace par rapport à un objectif donné.

L'organe associé à la Vierge est d'ailleurs l'intestin, cet organe qui participe à la digestion des aliments (des informations) en assimilant les nutriments présents dans ces derniers.

La Vierge est donc organisée, méthodique, raisonnable, rigoureuse, pragmatique, systématique, objective, réaliste, etc. Elle est aussi conformiste, bornée, hygiéniste, calculatrice, stressée, fébrile, car très mentale.
C'est la rigueur qui peut vite virer à la raideur, l'hygiénisme jusqu'à la pureté du sang... et tous ces chouettes extrémismes qui ont bien ensanglanté l'histoire de l'humanité.

La Vierge cherche sans cesse à S'AMELIORER et pour ce faire, elle fait preuve d'une grande honnêteté et humilité envers elle-même. Elle comprend qu'elle doit trier ce qui est bon pour elle, de ce qui ne l'est pas, et enfin TRANCHER. C'est le "séparer le subtil de l'épais" de la voie alchimique.

Elle recherche l'IMPECCABILITE, c'est-à-dire de vivre sans pécher. Cette notion est souvent associée à une dimension morale qui n'est pourtant pas présente dans l'étymologie hébraïque de ce mot, qui renvoie à la notion de "rater la cible". 

La Vierge, par sa vigilance et sa rigueur, cherche à ne pas rater sa cible.

En face d'elle, le Signe des Poissons. Rappelons à ce propos que l'Astrologie fonctionne toujours par axe ! Le graphisme du Signe des Poissons est très parlant, il s'agit de deux courbes reliées par un trait.

Ce graphisme donne finalement sa cible à la Vierge : relier ce qui semble séparer. La Vierge est le signe par excellence permettant de transcender la Dualité et de passer par la Petite Porte de la 3ème Voie ; regardons bien, elle est en bas à droite du symbole de la Vierge... ce fameux chas de l'aiguille dont nous a parlé le Yeshoua il y a 2 000 ans !

Lorsque l'être arrive à réaliser cela, il évite de continuer à tourner sans fin dans la Roue de la Fortune, mais passe réellement dans la partie supérieure de la Roue zodiacale.

Mercure


Dans l'optique de se représenter le Monde, Mercure est le complémentaire de Vénus. Si cette dernière est notre capacité à le percevoir par l'intermédiaire de nos sens et de notre sensibilité, Mercure est notre capacité à l'analyser par notre pensée.

Première planète à explorer le mouvement périphérique autour du Centre (le Soleil), elle permet à l'individu de réfléchir et penser par lui-même. Mais réfléchir - faire courber - c'est créer des images qui ne sont pas la réalité... Et pour commencer, c'est créer une image de soi !

Cette image de soi va être renforcée par notre dialogue intérieur, par nos pensées. Cette capacité à penser, à s'auto-observer, à se considérer comme un sujet séparé de l'environnement dans lequel on évolue, crée le sentiment d'individualité.

A partir de là, Mercure est notre capacité à traiter les informations de notre environnement. Son énergie est division : division en parties pour mieux les analyser. Mercure décompose les informations reçues, les organise, les abstrait de leur condition concrète, cela afin de les intégrer, de les comprendre. Riche de cette compréhension, ces informations sont ainsi réutilisées pour s'adapter à son environnement et on peut les retransmettre à l'aide de symboles (mots, images, etc.)

Capacité à organiser les informations, Mercure nous pousse également à les comparer, catégoriser, hiérarchiser, etc. Elle est donc aussi à l'origine de notre sentiment d'importance personnelle (ou de notre mésestime, mais en réalité il s'agit de la même médaille...) et de notre sentiment de séparation d'avec le Tout, qui induit son cortège de peurs...

Cependant, Mercure, dans une octave supérieure est également notre capacité à manier et fixer notre attention, à discriminer l'essentiel du superflu... donc potentiellement à percevoir le Réel derrière les illusions... autrement dit à viser le Vrai et le Juste.

Vénus

Vénus permet à l'individu de percevoir le monde qui l'environne via une sensibilité physique (les 5 sens) mais également psychique. Grâce à elles, l'individu ressent du plaisir, ou de la douleur. Et ceux-ci génèrent en lui goût et désir pour ce qui est bon et beau pour lui, dégoût et crainte pour ce qui est mauvais et laid pour lui.

Vénus permet également à l'individu de partager ses expériences ; d'être généreux et affectueux avec ceux qui lui plaisent ; la forme de plaisir partagé la plus intime étant bien sûr la sexualité.

La crainte que génère la douleur pousse l'individu à rechercher une forme d'harmonie dans son environnement. Il est ainsi capable de définir ce qui serait le mieux et le pire et de faire des compromis afin de vivre en équilibre avec ceux l'entourent.

Vénus porte l’énergie de l’éveil des sens, de la sensibilité à la beauté, qui permet d’établir des valeurs personnelles. C’est la réceptivité et la sensibilité de Vénus qui développent ce sens du beau et permet de transformer l’idée et le concept en une forme sensible. C’est la mission de Vénus d’affecter dans notre vie le goût de l’élégance, de la douceur, de la beauté.

Elle est souvent considérée comme une énergie féminine. On l’associe dans un thème à des personnes féminines plutôt jeunes, comme les sœurs, par exemple. La féminité de Vénus n’est cependant pas maternelle (Lune), c'est une féminité de grâce et de douceur.

Cet astre possède en fait deux versants. A la base de notre affectivité (sensualité, émotion), elle nous entraîne vers l'expérimentation sensitive, animale de notre environnement ; à la recherche d'excitation à tout prix également, entraînant alors nos variations d'humeur. Son symbole nous montre cependant son autre versant...

Le rond (l'esprit) domine la croix (la matière), symbole de la maîtrise de la matière par l'esprit. Il s'agirait ici de plutôt sublimer notre sensibilité, notre sensualité, afin d'entraîner un mouvement vers le Haut - vers le Beau & le Bon. C'est la symbolique du Serpent qu'il s'agit de faire se dresser en soi, plutôt que de continuer à le faire ramper ici-Bas, dans une dispersion de nos énergies...

le Lion

                           


                  Saison : Eté
                  Secteurs : Diurne / Occidental
                  Croix : Fixe
                  Élément : Feu 
                  Planète maîtresse : Soleil
                  Maison V - Axe V/XI




Le Lion est le second Signe de Feu du Zodiaque. Sa planète maîtresse est le Soleil qui dans la suite de la Ronde, fait écho à la Lune du Cancer. La Reine et le Roi, le Roi et sa cour...

Et de la même manière que notre étoile maintient dans son orbite les planètes du Système, le Lion va aussi chercher à attirer vers lui plutôt qu'à aller vers l'autre. Son affectif, développé précédemment, cherche des miroirs. L'Amour dans le meilleur des cas, la considération d'autrui sinon, est sa principale préoccupation. Et pour cela il est prêt à briller de mille feux !

Rappelons que le Lion est créé par la Lettre Teith qui informe les Sephiroth Hod et Netsah, soit la base inférieure du Olam haYetsirah, le monde Astral. Cela n'est pas anodin car il s'agit ici de bien se demander de quelle lumière parle-t-on avec le Lion ? de quelle chaleur ? Le bas-Astral ici, étant le Monde des illusions par excellence, en tout cas d'une lumière alimentée par l'en-Bas - l'inconscient collectif de l'humanité.

Ainsi, notre part du Lion doit toujours faire attention semblerait-il à bien discerner la Lumière qui "éclaire sans aveugler et réchauffe sans brûler" de la lumière égotique qui n'hésite pas à faire de l'ombre et à étouffer. Il s'agit également de bien discerner ce que pourrait occulter ce désir impétueux de briller, d'être aimé... 

La finalité de ce filtre cosmique qu'est le Lion ne serait-il pas de nous enseigner l'Amour de soi plutôt que l'amour pour soi ? ou encore le don de soi plutôt que le plaisir pour soi ?

Car si l'orgueil caractérise souvent ce Signe, cela cache peut-être un fort manque affectif ou encore un bouclier palliant sa très mauvaise auto-défense face à autrui, propre aux signes de Feu, ce qui entraîne par ailleurs régulièrement l'expression de la colère.

Et pourtant ! Le Lion ne doit pas rougir car il possède en lui tout un potentiel créatif et de nombreuses qualités pour l'exprimer. Derrière toute faille révélée par l'ego, il existe une potentialité positive à intégrer puis à rayonner. C'est ici peut-être le secret de l'obscurité imagée autour de l'Hermite souvenons-nous, ces profondeurs dont l'axe Hod-Netsah est la Porte, le secret de Manipurna le Chackra situé à son fronton (entre les deux reins), aussi appelé "la Cité des Joyaux"...

Mais ces joyaux à excaver sont dans un premier temps occultés par la nébulosité du Mental entourant l'ego, qui est ici en plus associée au sentiment de toute-puissance liée à sa royauté le Lion !

Pour autant, d'un point de vue macrocosmique, n'oublions pas que nous sommes à ce niveau de l'Arbre à l'orée de la fin du processus de densification et d'individuation de l'énergie spirituelle... Bien que les corollaires négatifs de cette individuation - notamment le sentiment de séparation qu'elle entraîne, source de tous les maux et manques de l'individu, ne soient pas à négliger, il est aussi important de se rappeler que ce processus suit une logique d'expression multidimensionnelle de l'UN.

Ainsi, à un niveau microcosmique, cette part du Lion est aussi le désir d'expression de notre originalité, et cela passe dans un premier temps par des excès... égotiques ! Tout le travail va consister pour l'individu à "séparer le subtil de l'épais", l'inné de l'acquis, à exprimer réellement son Germe original et non pas des ersatz issue de sa personnalité multiple et construite, le plus souvent inconsciemment. Il va donc s'agir pour l'être visant la justesse dans l'expression, de rendre la plus transparente possible son enveloppe psycho-émotionnelle afin de laisser irradier sans déviation son Soleil intérieur.

Sinon, l'être se maintient dans l'illusion de son auto-contemplation, demandant toujours plus à l'extérieur dont il se désolidarise par ailleurs, sans se rendre compte qu'il ne voit que lui-même dans les manquements qu'il perçoit... 


le Cancer

              
         Saison : Eté
         Secteurs : Diurne / Occidental
         Croix : Cardinale
         Élément : Eau
         Planète maîtresse : Lune
         Maison IV - Axe IV/X



Le Cancer est le premier Signe d'Eau du Zodiaque, il est symbolisé par un crabe ou une écrevisse. Vivant dans l'eau, c'est le signe de la sensibilité, des émotions, des affects en général. Il est intéressant de noter que ce Signe est créé par la Lettre Heith qui elle-même informe la Séphirah Tiphereth, au centre du Olam haYetsirah, le Monde de l'Eau, des affects...

Autre chose à noter, contrairement aux trois premiers Signes qui sont verticaux dans leur graphie et qui informent la partie supérieure de l'Arbre séphirothique, le Cancer possède quant à lui une graphie horizontale. Nous sommes bien ici dans le lieu de l'Existence, soumis aux forces astrales, stressantes. De plus, nous reconnaissons les "Eaux d'en-bas" et les "Eaux d'en-haut" dans la graphie de ce Signe, tout comme Tiphereth sépare le Monde du Mi et le Monde du Ma dans l'Arbre comme nous l'avons déjà vu.

Cette notion de barrière, propre à la Lettre Heith, se retrouve également dans la démarche latérale du crabe, comme s'il ne pouvait "aller de l'avant". C'est d'ailleurs la principale caractéristique de ce signe : le refuge dans le monde magique de l'enfance, la dépendance à la mère dans tout ce que cela englobe, au passé idéalisé. Le Cancer aimerait rester dans l'insouciance des premiers temps où il était "nourri" sans effort, dans le cocon familial. Dans l'illusion que la Vie pourvoira à tous nos besoins d'adulte...

Mais c'est vieillir sans grandir ! A force de se comporter comme un bébé qui se laisse nourrir par la vie, nous ne faisons pas face aux dépassements demandés par la vie d'adulte. Il nous faut entendre cela d'un point de vue spirituel... point de vue qui nous demande d'aller vers le Père... l'Esprit... de quitter nos zones de confort, nos illusions, notre foyer actuel... le Monde du Ma !

D'un point de vue spirituel, nous devons passer la "Porte des Hommes", devenir responsable, rigoureux, mature (dans le sens d'une maîtrise psycho-émotionnelle) ; autrement dit d'accepter de quitter nos nombreuses béquilles qui peuvent aussi bien être individuelle que collective. Le Cancer tout comme Heith nous demande d'aller de l'avant, vers l'inconnu, l'à-venir, de quitter le cocon certes sécurisant de la Matière, mais aussi sclérosant tout comme l'est la carapace du crabe... La paresse propre au Cancer finit par rendre stérile le Germe que nous portons tous, qui demande à croître !

Cependant, il est utile de se rappeler ce qu'est une peur infantile, la peur de l'inconnu. La barrière psychique et spirituelle face à laquelle nous sommes en Tiphereth ne peut se passer par la force... Le petit enfant spirituel que nous sommes a besoin d'être en confiance pour sauter au-dessus du ruisseau... Il est beaucoup question ici de peurs que nous projetons. Que va-t-il se passer si je quitte mes manières habituelles d'être, de réagir, de paraître... ? Que va-t-il se passer si je commence à penser par moi-même, parfois à l'encontre de la pensée collective dominante... ?

A ce moment, la carapace du Crabe peut devenir positive, nous rendant très résistant aux influences extérieures, notamment morales... De même, pour avancer vers l'inconnu, la participation à une communauté choisie d'êtres visant le même idéal de transformation peut être fort utile ; un nouveau Foyer en quelque sorte, mais où chacun s'efforce à devenir un adulte autonome et responsable, au risque sinon de retomber dans les mêmes travers que décris plus haut.

"Voici, oh ! qu'il est agréable, qu'il est doux Pour des frères de demeurer ensemble !" (Ps 133)

"Quitter la Mère" pour "Aller vers le Père" demande donc du courage, de la rigueur, d'assumer nos désirs d'adulte, de devenir responsable, d'agir ici et maintenant plutôt que de sans cesse repousser le saut dans l'inconnu. Toutes ces qualités nous sont fournies par Mars, qui informe justement Tiphereth...
Et en même temps, ce dépassement de soi demandé par la Voie n'est pas obligé d'être exempt de douceur, d'empathie propre au Cancer...

les Gémeaux




              Saison : Printemps
              Secteurs : Diurne / Oriental
              Croix : Mutable
              Élément : Air
              Planète maîtresse : Mercure
              Maison III - Axe III/IX





Les Gémeaux terminent le Printemps et annoncent l'été... Si le Taureau avait canalisé l'énergie brute du Bélier dans un mouvement du haut vers le bas, les Gémeaux vont pour leur part la disperser dans toutes les directions. Au niveau macrocosmique, c'est l'extension dans toutes les directions possibles du Point se manifestant sur un plan ou en un cycle limité et dont l'accomplissement prépare un cycle ultérieur de manifestation.

Cette forme d'expérimentation permet de développer cet extraordinaire pouvoir d'être sur plusieurs cartes différentes à la fois, sans se perdre et sans perdre le lien avec notre centre (ce qui n'est pas sans rapport avec le cercle pointé présent dans la septième Arcane). C'est comme le tronc d'un arbre qui se nourrit de toutes les branches qu'il a lancées à la conquête du ciel ; on lance nos ramifications et on les fait croître au rythme des saisons.

Ainsi on découvre que la croissance de l'être linéaire ou verticale qui fait grossir le tronc est soutenue par une énergie qui explore toutes les directions à la fois et que chacune d’elles nourrissent le centre. On finit par comprendre que la multiplicité de nos actes n’est pas un défaut qui nous empêche de grandir, mais une autre forme d’énergie nécessaire à la croissance dans laquelle on excelle grâce à un esprit léger, ludique et joueur, qui caractérise les Gémeaux dans son côté positif.

En lien avec la 7ème Arcane encore, dont les deux chevaux expriment la même dualité que le symbole des Gémeaux, il va cependant s'agir de bien se situer en son centre justement, sous peine de vivre dans l'instabilité, l'anxiété, l'émotivité, la versatilité voire l'humeur belliqueuse qui peuvent aussi caractérisés ce Signe et l'Air en général. 

Les Gémeaux comme la 7ème Arcane expriment en fait l'ouverture du champ des possibles dans un monde duel tout comme après la tête et le cou, le corps humain se dualise en deux côtés. C’est l’image de toutes les oppositions intérieures et extérieures, contraires ou complémentaires, relatives ou absolues, qui se résolvent dans une tension créatrice : le char avance.

Au niveau microcosmique, il s'agit d'expérimenter la dualité de toute chose ici-bas, d'apprendre à trouver "l'équilibre dans le constant mouvement" (et cela a beaucoup à voir avec l'aspect psycho-émotionnel de l'être), la Paix, et aussi de développer ses potentiels. Il y a l'idée de domestiquer le mental de l'être, toujours trop nerveux, et d'en faire un outil au service de l'expérimentation. 

Eau


L’alliance de l’épanchement de l’Humide à l’inertie du Froid engendre l’Eau. Celle-ci est ainsi l’élément le plus sensible des quatre.

L’Eau s’adapte aux contours de son environnement. Elle s’approprie une partie de tout ce qu’elle côtoie. Elle participe à la cohésion des corps qu’elle investit. Par sa nature réfléchissante elle participe à la vision de monde et à sa prise de conscience mais elle peut aussi altérer la réalité objective, elle peut mettre en évidence ce qui ne l’est pas et rendre opaque ce qui l’est. Elle peut être porteuse d’illusions.

Physiologiquement, l’Eau correspond au tempérament Lymphatique caractérisé par la prédominance de l’appareil digestif et de la fonction de nutrition assurée par la lymphe ou plasma du sang.

Psychologiquement, l’Eau est passive, adaptable, intériorisée, conservatrice, contemplative, sensible, généreuse. Elle représente les sentiments et émotions, la mémoire, l’inconscient, l’imagination, le rêve. Elle a besoin d’éprouver des sentiments et émotions fortes. Elle est à la recherche de toute expérience qui pourrait les stimuler. Elle est dotée d’une grande puissance instinctive. Elle est émotionnellement instable, lunatique et a une tendance à la déprime chronique. Elle est craintive, elle recherche la sécurité. Son hypersensibilité la pousse parfois à la lutte. Elle est méfiante envers autrui et ne s’ouvre que lorsqu’elle elle est en confiance. Mais alors, elle exprime plus que les autres ce qu’elle ressent intérieurement. La compassion est innée chez elle, elle ressentirait presque exactement les turpitudes intérieures d’autrui. Elle sait se rendre disponible, mettre à l’aise, réconforter. Réceptive et sensible à tout ce qui l’entoure, elle est soumise et s’affirme peu, ce qui la rend extrêmement influençable. Elle est le plus mystérieux de tous les éléments car elle est le plus difficile à cerner.

L’Eau perçoit le monde qui l’entoure et interagit avec lui travers les Sentiments et les Émotions.

le Taureau



              Saison : Printemps
              Secteurs : Diurne / Oriental
              Croix : Fixe
              Élément : Terre 
              Planète maîtresse : Vénus
              Maison II - Axe II/VIII






Si le Bélier symbolisait l'impulsion première de l'énergie, le Taureau symbolise sa densification dans des vibrations plus basses. C'est un mouvement du "haut" vers le "bas" et cela correspond bien à HeSeD que le Taureau informe via le Vav.

Cette forme de densification qui ralentit la vibration porte avec elle une forme de calme, de lenteur, de ralentissement. Dans son côté positif, c'est le calme et l'aspect pacifique que dégage l'énergie du Taureau.

Cette énergie passive et fortement inclinée dans la matière pousse à s'enraciner, à mettre des ancrages forts. Ce signe transforme l'énergie qu'il reçoit en la densifiant dans la matière ce qui lui confère un grand pouvoir d'inertie. D'où le côté têtu et borné que l'on reconnait aux Taureaux. Cette même qualité leur permet également d'apaiser les tourments et les troubles. Ce sont les deux revers de la même médaille : inertie ou pacification.

Dans la ronde du Zodiaque, le Taureau d'une part canalise l'énergie, d'autre part tente de la rendre manifeste. Il n'est pas question dans ce Signe d'originalité, de créativité, mais plutôt d'accumuler, de con-server voire de faire fructifier ce qui est. Il y a ici l'idée de Service, et aussi beaucoup d'humilité.

Au niveau macrocosmique, le Taureau a pour fonction de maintenir le modèle des Archétypes et de les ensemencer dans la Matière pour qu'ils puissent fructifier. Il est ainsi peut-être possible de comprendre autrement le 29ème verset du premier chapitre de la Génèse (qui concerne le 6ème Jour...) : "Or, je vous accorde tout herbage portant graine, sur toute la face de la terre, et tout arbre portant des fruits qui deviendront arbres par le développement du germe. Ils serviront à votre nourriture."

Ce qui nous amène au niveau microcosmique, puisque le Vav qui crée le Taureau est aussi l'Homme qui réalise sa Tâche. A ce niveau donc, ce Signe est l'aptitude à devenir un canal parfait pour recevoir l'énergie d'en-Haut (Amour et Harmonie) et la diffuser ici-bas. Or, rappelons que Hesed, la Grâce,  initie le Olam haYetsirah, le monde intermédiaire dans l'Arbre entre le monde divin et le monde matériel.

Au niveau physiologique, le Taureau correspond à la gorge alors que le Bélier correspondait à la tête. Symboliquement la tête, une, est associée à la Triade supérieure ou monde Divin ; le reste du corps, duel, est quant à lui associé au Petit Visage, c'est-à-dire au monde Astral et Physique. Entre les deux, la gorge... or, notons qu'il est question pour l'Homme de "nettoyer son lien de communication avec l'Esprit" pour le faire "descendre"...

Ce "nettoyage" qui a fort à faire avec le processus alchimique... nécessite détermination, patience, persévérance et aussi peut-être de la tendre-sse. Qualités qui sont justement associées au Taureau dans la meilleure perspective.

Uranus


Uranus et Neptune forment une paire symbolique complémentaire.

Si Neptune symbolise l'expansion du champ de conscience permettant de percevoir au-delà de nos 5 sens, Uranus symbolise à l'inverse une restriction du champ de conscience. Cela se retrouve très clairement dans les deux symboles astrologiques choisis pour désigner ces deux Planètes :

Si Neptune "s'ouvre" pour accéder au Tout, Uranus se concentre sur un point particulier pour l'étudier dans le détail et la profondeur. 

Comme nous l'avons vu précédemment, Neptune informe la Séphira Hokmah tandis qu'Uranus informe Binah. Ces deux Séphiroth, au niveau microcosmique, peuvent être associées aux deux hémisphères cérébraux. Ainsi, lorsque Neptune emploie une approche holistique, Uranus emploie une approche linéaire ; de même Uranus privilégiera l'analytique au synthétique, la logique à l'intuitif, etc.

Pour cette raison, tandis que Neptune tend à faire s'estomper le sentiment d'individualité, Uranus pour sa part tend à renforcer le processus d'individuation. C'est pourquoi les concepts d'originalité et d'émancipation sont souvent associées à cet Astre.

Le versant négatif de cette Planète peut ainsi pousser l'être à développer un côté révolté et anarchiste qui ne reconnait aucune forme d'autorité et place au-dessus de tout une forme de liberté irresponsable. Autrement dit à renforcer l'égoïcité de l'être.

Mais cela n'est pas la seule voie que propose Uranus... Le développement de l'originalité propre à chaque individu peut également être mis au service du Tout (dont il a fallu certes dans un premier temps, s'émanciper) lorsque l'individuation ne rime pas avec individualisme...

Plus globalement, bien qu'ayant la capacité à se focaliser, Uranus offre aussi la possibilité de prendre conscience de la complexité du Monde, de la manière dont tout est intriqué. L'océan et la goutte d'eau par exemple sont intriqués... d'ailleurs l'intrication est un concept de la physique qui consiste à considérer deux particules comme étant inséparables sur le plan quantique, bien que les deux particules puissent être spatialement séparées sur notre plan...

Neptune


Neptune symbolise la potentielle relation de l'être avec le Divin, avec le Tout. Son potentiel est de permettre à l’individu de pressentir ce que ses cinq sens ne lui permettent pas de percevoir. Elle lui donne accès à un champ de perception plus étendu et plus subtil que l’individu éprouve dans des instants de « grâce » qui semblent l’unir intimement au tout. Elle permet de sentir les choses davantage que les comprendre et raisonner.

Profondément, Neptune, également dieu des abysses, est notre capacité à nous connecter à un "espace" hors du temps où le sentiment d'individualité s'estompe et où un sentiment de plénitude s'installe, comme nous pouvons le ressentir sous l'eau... Attention de ne pas s'y laisser absorber tel Jacques Mayol dans le Grand Bleu !

Si Neptune informe HoKMaH, c'est également le cas des deux Lettres et Qof. Cette dernière est la seule lettre de l'alephbeit qui descend sous la ligne d'écriture... Quant au Hé, rappelons qu'elle est la Lettre du Souffle qui inspire...

D'ailleurs, sans aller jusqu'à ces moments d'extase, de ressenti fugace de l'Unité... de l'ouverture du champ de conscience et donc l'hypersensibilité que permet Neptune, découlent notre capacité à recevoir des intuitions, la fertilité de notre imagination, notre créativité et notre capacité à nous émouvoir face à une oeuvre d'art, qu'elle soit naturelle ou humaine, notre empathie, ou encore notre potentiel de voyant.

Gare cependant aux illusions dans ces domaines... la propension à s'illusionner étant le versant négatif de cet Astre. De plus, le processus de dépersonnalisation que Neptune entraîne, s'il peut mener à l'illumination dans le meilleur des cas, peut aussi mener l'être à toutes formes de fuite du monde, à un désengagement dans la vie incarnée, voire à la prise de drogues ou à toute sorte de névroses et psychoses jusqu'à la folie.

La tentation est grande parfois,  et "l'appel de l'océan" le symbolise bien, de sombrer avec la nostalgie de l'Unité perdue suite à la Chute. Cette nostalgie est symbolisée par la petite queue du Beit traînant vers le Aleph. Mais la chemin du Retour passe désormais par aller de l'avant, tel Guimel ! par l'acceptation de la Matière et de l'Oeuvre alchimique à réaliser.

Cette "prise de terre" seule permettra d'éviter les multiples illusions et donc enfermements que les enchantements de Neptune peuvent entraîner. Pour autant, cet enracinement réalisé, l'être a tout intérêt à développer son potentiel neptunien afin de relier le Haut et le Bas. Aussi afin de communier fraternellement plus aisément, Neptune estompant les frontières du moi...