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Yesod

 
      


Monde : 
ASIaH veYeTSIRaH
Pilier : central
Lettres : Kaph & Lamed
Planète : Soleil
Grand Ange : GaBRIEL
Nom Divin : El Shaddaï ("Dieu Tout-puissant")
Autre Nom : El Haï ("Dieu Vivant")
YeSOD se situe, malgré les apparences, au fondement de l'Arbre séphirothique. Elle se situe symboliquement sous le niveau du sol ; c'est donc là que sont que sont puisées les énergies (souterraines) à l'origine des manifestations concrètes, en Malkut.

Comme nous l'avons vu précédemment, au niveau psychologique, il s'agit de notre subconscient ("sous la conscience"), de ce qui relève de nos automatismes, moteurs mais aussi émotionnels et intellectuels... C'est également le centre de la somatisation, c'est-à-dire le lieu de conflits psychiques qui se concrétisent ensuite corporellement. Nous sommes bien à la frontière entre les Mondes d'Assiah et de Yetsirah... Et en présence d'un Astre - le Soleil - dont la masse correspond à 99,86% de celle de son système !
   
Yesod est en fait le centre de notre Mental-Ego, ce "soleil" qui se pense khalife à la place du Khalife... un soleil bien réel cependant, à l'origine de toutes nos réactions automatiques. Un soleil dont la principale fonction est la défense de l'image que l'on a de soi, ou que l'on a l'impression de devoir avoir de soi ;une image construite en tout cas. Elle se nourrit d'une "histoire personnelle" que l'on répète constamment à qui veut bien nous écouter (mais il s'agit de toute façon d'un contrat, plus ou moins conscient, dont l'autre versant est de rendre la pareille à l'autre) et elle possède pour corollaire une "importance personnelle", à l'origine notamment d'une perte colossale et continue d'énergie (de pouvoir personnel, dirait les Toltèques). 

Pour autant, si la descente dans nos enfers est réalisée, avec une rectification "qui permet de trouver la pierre cachée", c'est-à-dire avec un travail thérapeutique permettant de comprendre ses blessures d'âmes (et de les cautériser) ou encore nos nombreux conditionnements (familial, social, culturel...), alors ce "petit soleil" peut devenir le Soleil de notre Individualité, qui rayonne cette fois sa propre lumière...

Ce rayonnement est induit par un processus de fusion nucléaire (qui dégage de l'énergie cette fois) qui se nourrit de lui-même, tout comme le Germe (associé à la Lettre Yod...) tire son énergie des cotylédons de la graine, sur le plan végétal...

C'est peut-être cela, le Ye SOD (littéralement le "Secret du Yod"), c'est de devenir son propre centre, plutôt que de tourner autour de centres extérieurs, un centre qui ne soit pas un despote (conférer la symbolique du Pharaon dans le mythe biblique) mais bien qui l'on souhaite devenir ou encore que l'on porte en Potentiel (comme la graine est déjà en potentiel l'Arbre qu'il peut devenir).

Ce processus de germination nécessite cependant d'échapper à un environnement devenu hostile (lorsque notre Conditionnement n'est plus décemment supportable), pour un environnement viable accompagné de certaines conditions (eau, température, lumière, oxygène).

Malkut

     

      Monde : ASIaH
      Pilier : central
      
      Lettres : Yod & Mem
      Planète : Lune
      Grand Ange : CaSiEL

      Nom Divin : Adonaï HaAretz ("Seigneur du Désir")
      Autre Nom : Adonaï Melek ("Seigneur Roi")*


MaLKuT est à la base du Pilier central de l'Equilibre. Elle se situe dans le Monde d'Assiah, soit le Monde du Faire, le plan vibratoire de la MAtière.

La Séphirah Malkut se situe à l'extrémité de l'Arbre séphirothique qui symbolise la "Descente de la Lumière", sa précipitation, soit sa solidification. Autrement dit, nous sommes ici sur les lieux de la "Chute".

Lorsque l'Arbre est représenté sous forme de cercles concentriques, Keter la couronne de l'Arbre se retrouve au centre tandis que Malkut correspond à la périphérie du Cercle.


Malkut est l'écorce de la Création, ce qui est visible, l'ultime étape de concrétisation des forces internes. Elle en est le récipient et c'est pourquoi la Lune dans notre démonstration y est associée, car elle est l'Astre qui reflète la lumière de l'étoile.

Sur ce plan vibratoire, les formes naissent, croissent, se dégradent puis meurent. Tout y est impermanent et illusions nous dirait le Bouddhisme.

Ici-Bas, la Nature nous montre un Monde où tout s'équilibre, Yang & Yin, tel dans un écosystème, et où tout se transforme.

Tout s'y présente sous forme duelle, extérieur et intérieur, haut et bas, lumière et ténèbres, etc. Mais nous avons également vu avec la Vierge que cette dualité induit la possibilité d'une Transcendance...

Malkut, c'est la Conscience exilée dans le Monde de la Matière, enfermée au sein d'une coquille, d'une chrysalide. C'est ici-Bas que la Métamorphose peut avoir lieu.

Malkut, c'est la Veuve dans la Vallée de la Mort, séparée de son Epoux "qui es dans les Cieux". C'est la Belle au bois dormant, la Blanche Neige ; c'est le Féminin intérieur attendant d'être r-éveillée.

C'est cependant tout le contraire qui arrive : sur ce Plan, la conscience s'endort de plus en plus, irrésistiblement attirée par les multiples chimères de ce Monde qui ne peuvent jamais rassasier l'être. Peut-être est-ce cela la définition de l'Enfer, un monde où l'on a toujours faim et soif, d'une Faim et d'une Soif innommables...

Alors la Conscience s'englue de plus en plus dans la Matrice, de plus en plus oublieuse de son Origine et de la raison même de son INCARNATION. Plus elle s'endort, plus l'espace et le temps sont perçus de manière stressante, étriquée ; plus la solitude se fait sentir, avec ce vague sentiment de nostalgie qui nous vient d'on ne sait plus où...

Plus le Monde nous semble DUR, peut-être parce que notre propre "écorce" s'épaissit de plus en plus, nous séparant toujours davantage des autres formes.

L'être humain que nous sommes se manifeste alors plutôt comme un "faire humain", un automate qui FAIT par habitude, sans plus y mettre de "cœur" ou de Centre, étant complètement tourné vers l'extérieur.

Plus l'être s'englue, plus les choses et les événements lui semblent lourds, aussi lourd que l'importance qu'il se donne par ailleurs. 

Il s'englue tellement qu'il finit par se coller lui-même, se courbant et se repliant sur lui-même ; les yeux regardent vers le bas, le moral est dans les chaussettes. Le monde s'effondre.

Et pourtant... le 10ème Arcane nous enseigne que la Lumière est descendue, que la Graine est à l'intérieur du fruit... Cette Lumière qui peut dissoudre de l'intérieur les couches occultant notre être véritable... qui pourra alors rayonner une fois sa gangue devenue transparente...

Alchimie bonsoir, le 10ème Arcane se situe entre le Pèlerin et la Force forte...

Hod


      Monde : YeTSIRaH veASIaH
      Pilier : gauche
      Triade : inférieure

      Lettres : Teith & Noun
      Planète : Mercure
      Grand Ange : RaPHaEL

      Nom Divin : Elohim Tsebaot
      Autre Nom : Boâz ("force intérieure")


HOD se situe à la base du Pilier gauche (Boâz) et elle donc teintée du concept de restriction. Elle se situe comme NeTZaH, à la jonction du Olam haYetsirah et du Olam haAssiah, c'est-à-dire à la jonction du monde Astral et du monde matériel.

Elle signifie "Gloire", reflet de l'Intelligence et de la Rigueur. Elle est la Séphirah de la logique et de l'analyse, de la rationalité et de la codification.

Elle structure la vie intellectuelle de l'être, elle est liée au corps mental de l'être dirait l'occultisme ; sa faculté mentale est donc la raison. Mercure informe cette Séphirah, or Mercure est notre capacité à traiter les informations que l'on reçoit afin de leur donner une cohérence. 

Complémentaire à Netzah, Hod est étude, calme et prudence. Si Netzah est notre accélérateur, Hod est tout ce qui permet de contrôler cette vitesse (les freins, le volant...) Elle dissèque les élans de Netzah, analyse et oppose, démonte et argumente, dévore les informations.

Hod cherche la compréhension du monde par séparation du sujet et de l'objet, autrement dit par l'observation la plus objective possible du monde. Elle cherche à s'extraire de l'emprise des sens et elle cherche avant tout "la" vérité.

Comme Netzah, Hod possède deux versants. A l'origine de notre mental, de notre capacité à penser, à nous extraire du monde, elle peut devenir le principal outil de notre suffisance, de notre auto-contemplation, de notre dialogue intérieur qui n'a d'autres intérêts que de maintenir l'histoire de notre image ou encore sa "respectabilité", "ce qui lui est dû". Elle a aussi ce mauvais penchant de tout vouloir séparer, catégoriser, comparer, codifier, diluer à l'extrême.

Pour autant, Hod, c'est aussi la Quête de la Vérité, l'idée de la Tradition qui se transmet à l'aide des symboles ; c'est Hermes-Thot, Gardien du Savoir. C'est la propension à ordonner, à transcender l'expérience. Elle permet, en dernier ressort, de remonter jusqu'aux archétypes...

Netzah

      
      Monde : YeTSIRaH veASIaH
      Pilier : droit
      Triade : inférieure

      Lettres : Teith & Noun
      Planète : Vénus
      Grand Ange : HaNIEL

      Nom Divin : Yahveh Tsebaot
      Autre Nom : Iakin ("ferme")



NeTsaH se situe à la base du Pilier droit (Iakin) et elle donc teintée du concept d'expansion. Elle se situe également à la jonction du Olam haYetsirah et du Olam haAssiah, c'est-à-dire à la jonction du monde Astral et du monde matériel.

Elle signifie "Victoire", victoire de la vie sur la mort, immortalité. Elle est la Séphirah de l'élan mystique, de la foi, de la confiance et de l'enthousiasme.

Elle structure la vie affective de l'être, elle est liée au corps émotionnel de l'être dirait l'occultisme ; sa faculté mentale est donc le désir. Vénus informe cette Séphirah, or Vénus est "Nogah" en hébreu, dont la racine hébraïque signifie "exciter". Liée enfin aux sensations.

En réalité, tout dans cette Séphirah pousse à l'accélération intérieure, au mouvement. C'est pourquoi elle est à l'origine aussi bien de nos phases d'exaltation que de nos phases de "spleen", dans une logique bipolaire que nous connaissons tous à différents niveaux. Mouvement de balancier incessant dont nous semblons tributaires.

Netzah cherche la compréhension du monde par communion du sujet et de l'objet, autrement dit par l'expérimentation directe du monde, avec tout notre corps physique (sensation) et émotionnel.

Elle cherche l'excitation au-delà de la réflexion. C'est la course à la sensualité, à l'émotion, et la non-compréhension de l'équanimité. Et cela entraîne cette oscillation incessante de nos humeurs, avec ses phases maniaques puis dépressives. 

Mais elle cherche aussi le Beau au-delà de l'utile, elle est à la base de l'élan mystique qui vainc la "mort" dans son sens large ; elle "sait" que le "cœur a ses raisons", que les lois physiques peuvent être transcendées si tant est que la foi, la confiance soient assez puissantes. 

C'est là toute l’ambiguïté de cette Séphirah car elle est à la source de l'accélération vibratoire de l'être qui permet de "remonter" l'Arbre jusqu'à la Grâce divine, mais elle est aussi à la source de notre déchéance en tant qu'être animal. C'est pourquoi il nous est conseillé de la tenir d'une "main ferme". 

TiPhEReTh

      
      Monde : YeTSIRaH
      Pilier : centrale
      Triade : intermédiaire

      Lettres : Heith & Samech
      Planète : Mars
      Grand Ange : MIKaEL

      Nom Divin : Yahveh
      Autres Noms : Mishpat ("jugement")
                            Emeth ("vérité")


TiPhEReTh signifie Beauté. Elle est située au cœur de l'Arbre et elle est reliée à toutes les Sephiroth (8) mis à part Malkuth. Elle est telle un Soleil, rayonnante au zénith du Monde Astral. Elle est le reflet de KeTeR dans le petit Visage, autrement dit son premier ministre dans le Monde de l'En-Bas. Elle est un relais direct pour l'influx divin, le Shefâ émané du premier Monde. 

Au centre de l'Arbre, elle est souvent associée au Creuset des alchimistes. Au niveau microcosmique elle correspond d'ailleurs au plexus cardiaque, Anahata, dont le symbole est constitué par le Sceau de Salomon (et ses deux triangles...) au centre de 12 pétales. Effectivement Tiphereth est ce lieu où les courants descendant et montant se mêlent et où les transmutations de l'âme se déroulent...  jusqu'à ce que la rose éclose au centre de la croix.

Beauté, Tiphereth est aussi dénommée Jugement et Vérité. Le Beau, le Bien, le Vrai... nous retrouvons ici les fameux idéaux de Platon qui ont la qualité d'élever l'être vers le Haut et qui sont le moteur, la Loi du Monde.

Ces trois nobles sentiments, lorsqu'ils sont poursuivis, ressentis, perçus, permettent à l'être de s'extraire du bourbier astral du Olam HaYetsirah où s'entremêlent nos passions, nos croyances, nos fantasmes, nos attachements... qui biaisent notre perception de la Réalité. 

Il ne s'agit pas pour autant de réprimer ses désirs, moteurs de l'âme, mais plutôt de les convertir et de les utiliser pour s'élever vers les idéaux. Autrement dit de les sublimer. Il est même possible de dire que la pulsion dirigée vers l'Idéal est le préalable à l'élévation de la conscience.

Seulement il est ensuite important de bien différencier le Sentiment du sentimentalisme, empreint d'émotion. Lorsque le Sentiment est ressenti, une paix, une quiétude intérieure l'accompagnent et l'on peut sentir son plexus cardiaque rayonner vers l'extérieur. C'est pourquoi le Soleil (de l'âme) est traditionnellement rattachée à cette Séphirah. Mais pour notre part, nous y associons Mars dont le symbole montre bien cette idée d'expansion vers l'extérieur d'une part mais aussi d'expression du Moi, une fois celui-ci purifier de ses scories (les petits "moi").

Lorsqu'on arrive à se maintenir dans l'état d'être, de conscience associé à Tiphereth, dans cette perception du Beau à la croisée du Silence et de l’Émerveillement, une magie opère dans notre âme... une rectification intérieure a lieu... et plus ce processus est répété, plus la présence divine, la Shekinah au sein de la Création répond à notre désir et se dévoile.

GeBouRaH

     
      Monde : BRIAH veYeTSIRaH
      Pilier : gauche
      Triade : intermédiaire

      Lettres : Zayin & Ayin
      Planète : Saturne
      Grand Ange : KaMaEL

      Nom Divin : Elohim
      Autres Noms : Din ("justice")
                            Pahad ("crainte")


GeBOURaH signifie Force, courage, héroïsme ou encore Rigueur. Nous retrouvons ici plutôt des caractéristiques de Mars qui est traditionnellement rattaché à cette Séphirah. Pourtant nous lui associons Saturne, astre complémentaire de Jupiter qui informe HeSeD en face d'une part, planète de la Rigueur d'autre part. 

Rappelons que HeSeD est le réservoir sans limite de la Grâce divine. Au niveau du Olam haYetsirah, elle symbolise toutes les forces dont nous recevons l'influence. 

Gebourah, informé notamment par le Chariot, Saturne ou encore le concept du Guerrier, va pour sa part symbolisé notre capacité, si nous la développons, à maîtriser notre rapport à ces influences. D'ailleurs son Nom Divin, Elohim, signifie "maître de toutes les forces".

Si nous nous laissons aller, nous subissons la Justice divine que nous pouvons craindre car ces forces nous ballotterons sans pitié et nous ferons constamment perdre notre équilibre intérieur. Nous serons alors le jouet de nos émotions ainsi mises en mouvement plus ou moins intensément. C'est pourquoi Satan est parfois associé à cette Séphirah...  

Au contraire le Guerrier s'efforce à renforcer son câblage électrique en quelque sorte et en maîtrisant l'apport énergétique tel un carburateur, il pourra optimiser ces énergies vers le but qu'il se sera lui-même fixé...

HeSeD

      Monde : BRIAH veYeTSIRaH
      Pilier : droit
      Triade : intermédiaire

      Lettres : Vav & Pé
      Planète : Jupiter
      Grand Ange : TSaDQIEL

      Nom Divin : EL
      Autres Noms : Guedoulah ("magnificence")
                              Yamim ("Grande Mer")

HeSeD signifie Bonté, bienveillance, miséricorde ou encore Grâce. Nous retrouvons ici des caractéristiques de Jupiter qui l'informe. Cette Séphirah, qui initie le Petit Visage (c'est-à-dire le divin se manifestant), est en fait le reflet de Hokmah.

Rappelons que Hokmah est l'éternel masculin et pure énergie sans limite. Hesed est donc caractérisé par l'inconditionnalité, le désintéressement. Son autre nom, Gedoulah, précise l'idée de Don sans limite, sans motif autre que celui de donner...

Rappelons également que la Création est un acte sans cause préalable (cf. Olam haBriah), un acte totalement gratuit qui permet l'existence. Nous sommes ici dans la symbolique de Hesed.

Il y a dans cette Séphirah un important aspect relationnel. D'une part le don est forcément dirigé vers autrui, d'autre part Hesed opère un lien (Vav) entre la Triade supérieure et le Monde de la Formation. Le Lamed de son Nom Divin suggère un écoulement fluide du Haut vers le Bas, puis un déploiement horizontal.

DaÂt

       

          Monde : BRIAH
          Pilier : central
          Triade : supérieure

          Lettres : Guimel, Dalet & Resh, Shin
         
          Archange : Lucifer



DaÂT occupe une place particulière dans le Grand Symbole ; souvent nommée la Séphirah invisible, elle n'est généralement pas comptabilisée dans l'Arbre. Ce n'est cependant pas tout le temps le cas comme par exemple chez les mystiques de Safed où elle est considérée comme la 11ème Séphirah. C'est également notre cas, en lien avec notre choix de placer les 22 Lettres sur les Séphiroth comme nous l'évoquions dans "le sens de notre recherche".

DaÂT signifie Connaissance mais porte également le sens d'union et de relation. C'est pourquoi Daât est considéré comme un principe de connaissance gnostique – une connaissance expérimentale et empirique plutôt qu’épistémologique – une union du sujet et de l’objet.

DaÂT est la Lumière de Hokmah nous dit le Zohar... et bien que positionnée entre Hokmah et Binah, elle agit plutôt comme un principe unifiant et liant pour l'Arbre en son ensemble. En fait, si les Séphiroth sont considérés comme les récipients de la Lumière émanée du Olam haAtsilut, Daât ne serait rien d'autre que cette Lumière elle-même au sein de l'Arbre...

Lorsqu'elle est cependant considérée comme le trait d'union entre Hokmah et Binah, entre la Sagesse et l'Intelligence, Daât symbolise alors le niveau d’état de conscience dans lequel celui ou celle qui l'a atteint connait l’Harmonie entre les deux hémisphères du cerveau, et est capable d’appréhender totalement la logique et la raison, l’intuition et la créativité. Elle est le point supérieur de la conscience...

Au niveau microcosmique, Daât se situe dans la nuque, là où l'épine dorsale rencontre le crâne... soit la Triade supérieure au niveau macrocosmique. En ce sens, DaÂT est la porte entre le Monde d'en-Haut (monde de l'Unité, des forces non manifestées) et le Monde d'en-Bas (monde de la Dualité, des formes manifestées, du Temps et de l'espace). Elle est même peut-être le lieu de jonction entre le microcosme (pentagramme) et la macrocosme (Sceau de Salomon)... comme le tracé des Sentiers manquants le suggérerait ici.


Dans la cosmologie biblique, Daât est le lieu du Jardin dans lequel Adam et Eve ont voulu connaître, faire l'expérience du Bien et du Mal (en hébreu, ces deux concepts n'ont pas valeur morale et pourraient être traduits par Lumière / absence de Lumière). Pour ce faire, il a fallu une involution de l'âme dans la Matière, afin qu'elle puisse faire l'expérience concrète de cette dualité... 

C'est le mythe universel de la Chute, qui loin d'avoir été une faute dont nous subirions les conséquences, est plutôt une expérience voulue par les kamikazes de la conscience, les fous de Dieu que nous sommes ! Nous avons accepté de quitter l'Harmonie parfaite au risque de se perdre dans son oubli, dans l'illusion de la Séparation. Et cela pour participer au Grand Oeuvre cosmique (cela sera l'objet de tous les prochains articles).

DaÂT est le 'lieu' où s'opère le changement d'état, la porte dont le passage signifie la mort - de l'état précédent, afin de "naître à nouveau". Certains courants affirment par ailleurs que lorsque finalement la "mort est vaincue", la Dualité transcendée, Daât devient alors la porte de sortie vers l'envers de l'Arbre lui-même...

BINaH

                       Monde : ATSILOUT veBRIAH
                       Pilier : gauche
                       Triade : supérieure

                       Lettres : Beit & Tsaddé
                       Planète : Uranus
                       Grand Ange : TSaPHQIEL

                       Nom Divin : Iehou
                       Autres Noms : Imma ("Mère")
                                             Teshouvah ("Réponse")


BINah signifie "Compréhension" : prendre en soi - porter en gestation. C'est la Mère Suprême, la divine Substance. Binah reçoit le Germe pulsé de Hokmah et devient la Matrice Originelle : elle donne forme à l'information reçue, c'est pourquoi elle est aussi appelée "Réponse".

La prise en soi est vertu femelle, Binah est donc à l'origine de tous les principes Yin ou informé (l'éternel féminin).

Binah canalise l'énergie reçue de Hokmah dans un plan de construction. Si Hokmah ensemense, BINaH fournit une matrice structurante (et formera ainsi le Fils : BeN, et la fille : BaNaH).

Binah est mesure, elle pèse et soupèse le plan de l'Architecte avant qu'il ne prenne forme. Elle donne seulement l'énergie nécessaire à sa réalisation, dont elle calcule la possibilité mais aussi la nécessité... La prudence, la rigueur, le discernement sont associés à cette Séphira, c'est pourquoi Saturne y est traditionnellement rattachée. Cela doit aussi se comprendre en lien avec le nombre 7 et ses mystères...

Au niveau microcosmique, Binah correspond à l'hémisphère gauche du cerveau, soit au verbal, à l'analytique, au temporel, au rationnel, au numérique, à la logique, au linéaire. C'est pourquoi Uranus est finalement associé à cette Séphirah.

Au niveau macrocosmique, Binah est la porte de la Manifestation dans le sens où elle va "donner naissance" au Monde. Cependant, à ce niveau de l'Arbre séphirothique, Binah et Hokmah sont en acceptation, en réception, en confiance mutuelle. Chacune reçoit de l’une sans projeter sur l’autre ; elles sont en attraction mutuelle, elles sont en Harmonie. La Création provient d'un déséquilibre qui va s'opérer en DaÄT mais le paire H/B garde tel l'Eden perdu, le "souvenir" de cette Harmonie parfaite.

'HoKMaH

                       Monde : ATSILOUT veBRIAH
                       Pilier : droit
                       Triade : supérieure

                       Lettres : & Qof
                       Planète : Neptune
                       Grand Ange : RATSIEL

                       Nom Divin : Iah
                       Autres Noms : Abba ("Père")
                                             Ratson ("Volonté-Désir")


HoKMaH signifie "Sagesse" dans le sens de Connaissance. Connaître en hébreu est synonyme de pénétrer sexuellement. C'est le Père Suprême, le Pouvoir créateur. Le Germe en Keter est ici pulsé de Hokmah vers Binah (comme nous le verrons ensuite). C'est le primum mobile, l'impulsion primordiale (en Keter tout est statique).

La pénétration est vertu mâle, HoKMaH est donc à l'origine de tous les principes yang ou informant (l'éternel masculin). Son Nom Divin, IaH est composé des lettres Yod (masculin) puis Hé (féminin) : action du mâle sur la femelle, information de la substance.

Siège de la Vie, Hokmah est pure énergie, non encore structurée. Le désir d'être ne peut encore s'accomplir puisqu'il n'y a pas encore pour le réaliser de limite entre « soi » et « non-soi », ni même entre « avant » et « après » : c'est une énergie absolue, mais encore totalement potentielle à ce stade.

Au niveau microcosmique, HoKMaH correspond à l'hémisphère droit du cerveau, soit au non verbal, au synthétique, à l'atemporel,à l'irrationnel, au spatial, à l'intuitif, à l'holistique. Neptune informe donc cette Séphirah bien que la ceinture du Zodiaque y soit traditionnellement rattachée. Cela doit se comprendre en lien avec le nombre 12 et ses mystères. Ratziel est d'ailleurs le recteur des 12 Veilleurs du Zodiaque, des 24 Vieillards des Heures, des 36 Décans, des 72 Génies du Shemhamphorash ou encore des 360 Génies des Degrés.

C'est aussi la sagesse qui s'acquiert par la puissance du questionnement ("HoK - MaH"). C'est notre capacité à remettre en question (à trouver une autre dimension à un même questionnement) et ainsi à sans cesse se renouveler. C'est le fameux boitement qui permet l'élargissement sans fin de la spirale.

HoKMaH est considéré comme un vase ayant la capacité, plus il est remplit, de contenir...

KeTeR

                        Monde : ATSILOUT
                        Pilier : central
                        Triade : supérieure


                        Lettres : Aleph & Tav                    
                        Planète : Pluton
                        Grand Ange : Metatron
                             
                        Nom Divin : Ehyeh asher Ehyeh
                        Autres Noms : Maqor éliyon ("Source la plus élevée")
                                                  Âtiqa qadisha ("Magnifique assemblée")


KeTeR signifie "Couronne" et de fait cette Séphira couronne l'Arbre des Séphiroth. Remarquons par ailleurs qu'une couronne se pose habituellement sur la tête, ce qui peut nous donner une indication sur sa correspondance avec le corps humain - elle encercle le plexus de la fontanelle.

KeTeR est un Seuil. Au-delà c'est Aïn : le Néant (dans sa dénomination complète, il s'agit de l'Aïn Soph Aor : l'Infini Lumière). En-deçà, c'est la progressive construction du monde fini et matériel.

C’est le seuil entre le néant et l’existence, le non-être et l’être, entre AIN et ANI – l’Ego.

En KeTeR, l’Infini Lumière se contracte en un point, le Point primordial, sans dimension. C’est le Germe (le Yod) initial, prêt à ensemencer l’espace de la Création dans « toutes les directions ».

Il y a dans ce premier mouvement le Désir, la Volonté ou encore l’Intention d’être. C’est ce qu’indique le Nom divin associé à cette Séphira : « Je serai qui je serai » (il s’agit du temps « inaccompli » en hébreu, non tout à fait correspondant à notre futur).

Au niveau macrocosmique, du Haut vers le Bas, c’est la manifestation de tous les potentiels de l’UN dans une multitude de trajectoires prenant finalement forme séparément. Du Bas vers le Haut, la multitude joue le rôle de miroirs les uns pour les autres ; chaque forme est un potentiel du Germe initial en cours de manifestation.

Au niveau microcosmique, il s’agit donc de notre désir d’être individuel. Qui suis-je ? Quel est mon désir initial, le germe unique que j’ai la responsabilité de faire croître pour la plus grande gloire de la Création ? Quelle est mon intention ici-bas ?

Il y a ici une immense Liberté donnée à chacun… or la liberté effraie au possible l’Homme, qui préfère malgré tout ce qu’il donne à croire par la suite, être dirigé voir commandé et restreint.

En KeTeR, tout est UN et en potentiel, sur le point… de se manifester !

Cette Séphira suprême nous invite individuellement à conscientiser notre désir d’être, à poser une intention qui tracera ensuite son sillon jusqu’à sa manifestation en Malkuth.