le Cancer

              
         Saison : Eté
         Secteurs : Diurne / Occidental
         Croix : Cardinale
         Élément : Eau
         Planète maîtresse : Lune
         Maison IV - Axe IV/X



Le Cancer est le premier Signe d'Eau du Zodiaque, il est symbolisé par un crabe ou une écrevisse. Vivant dans l'eau, c'est le signe de la sensibilité, des émotions, des affects en général. Il est intéressant de noter que ce Signe est créé par la Lettre Heith qui elle-même informe la Séphirah Tiphereth, au centre du Olam haYetsirah, le Monde de l'Eau, des affects...

Autre chose à noter, contrairement aux trois premiers Signes qui sont verticaux dans leur graphie et qui informent la partie supérieure de l'Arbre séphirothique, le Cancer possède quant à lui une graphie horizontale. Nous sommes bien ici dans le lieu de l'Existence, soumis aux forces astrales, stressantes. De plus, nous reconnaissons les "Eaux d'en-bas" et les "Eaux d'en-haut" dans la graphie de ce Signe, tout comme Tiphereth sépare le Monde du Mi et le Monde du Ma dans l'Arbre comme nous l'avons déjà vu.

Cette notion de barrière, propre à la Lettre Heith, se retrouve également dans la démarche latérale du crabe, comme s'il ne pouvait "aller de l'avant". C'est d'ailleurs la principale caractéristique de ce signe : le refuge dans le monde magique de l'enfance, la dépendance à la mère dans tout ce que cela englobe, au passé idéalisé. Le Cancer aimerait rester dans l'insouciance des premiers temps où il était "nourri" sans effort, dans le cocon familial. Dans l'illusion que la Vie pourvoira à tous nos besoins d'adulte...

Mais c'est vieillir sans grandir ! A force de se comporter comme un bébé qui se laisse nourrir par la vie, nous ne faisons pas face aux dépassements demandés par la vie d'adulte. Il nous faut entendre cela d'un point de vue spirituel... point de vue qui nous demande d'aller vers le Père... l'Esprit... de quitter nos zones de confort, nos illusions, notre foyer actuel... le Monde du Ma !

D'un point de vue spirituel, nous devons passer la "Porte des Hommes", devenir responsable, rigoureux, mature (dans le sens d'une maîtrise psycho-émotionnelle) ; autrement dit d'accepter de quitter nos nombreuses béquilles qui peuvent aussi bien être individuelle que collective. Le Cancer tout comme Heith nous demande d'aller de l'avant, vers l'inconnu, l'à-venir, de quitter le cocon certes sécurisant de la Matière, mais aussi sclérosant tout comme l'est la carapace du crabe... La paresse propre au Cancer finit par rendre stérile le Germe que nous portons tous, qui demande à croître !

Cependant, il est utile de se rappeler ce qu'est une peur infantile, la peur de l'inconnu. La barrière psychique et spirituelle face à laquelle nous sommes en Tiphereth ne peut se passer par la force... Le petit enfant spirituel que nous sommes a besoin d'être en confiance pour sauter au-dessus du ruisseau... Il est beaucoup question ici de peurs que nous projetons. Que va-t-il se passer si je quitte mes manières habituelles d'être, de réagir, de paraître... ? Que va-t-il se passer si je commence à penser par moi-même, parfois à l'encontre de la pensée collective dominante... ?

A ce moment, la carapace du Crabe peut devenir positive, nous rendant très résistant aux influences extérieures, notamment morales... De même, pour avancer vers l'inconnu, la participation à une communauté choisie d'êtres visant le même idéal de transformation peut être fort utile ; un nouveau Foyer en quelque sorte, mais où chacun s'efforce à devenir un adulte autonome et responsable, au risque sinon de retomber dans les mêmes travers que décris plus haut.

"Voici, oh ! qu'il est agréable, qu'il est doux Pour des frères de demeurer ensemble !" (Ps 133)

"Quitter la Mère" pour "Aller vers le Père" demande donc du courage, de la rigueur, d'assumer nos désirs d'adulte, de devenir responsable, d'agir ici et maintenant plutôt que de sans cesse repousser le saut dans l'inconnu. Toutes ces qualités nous sont fournies par Mars, qui informe justement Tiphereth...
Et en même temps, ce dépassement de soi demandé par la Voie n'est pas obligé d'être exempt de douceur, d'empathie propre au Cancer...

x

la Justice


La Justice est toujours représentée par une femme, assise pour être bien stable, et nous regardant droit dans les yeux comme pour nous rappeler qu'on ne peut se soustraire à son action.

Remarquons la balance et ses deux plateaux, ainsi que l'épée. Nous avions vu précédemment que Heith est composé d'un Vav et d'un Zayin. De la même manière, la Justice semble composé de l'Amoureux (et ses deux routes) et du Chariot (le guerrier). Tout cela semble nous confirmer une fois encore la justesse de situer les Lettres et les Arcanes sur les Séphiroth, puisque les Arcanes 6, 7 et 8 correspondent bien à la Triade intermédiaire de l'Arbre séphirothique, Tiphereth (Heith et Justice), entre les deux Pilier latéraux, synthétisant Hesed (Vav et Amoureux) et Gebourah (Zayin et Chariot). 

La balance fait donc référence à la sixième Arcane où nous avions vu qu'il était question du libre-arbitre de l'Homme et aussi des influences qu'il subit (vers l'évolution ou l'involution). La Justice, impersonnelle et implacable, est en fait la rétribution de nos choix. Il nous semble à ce propos que l'aspect moral ne doit pas prévaloir ici ; il n'y aurait pas de notions de bien et de mal dans les choix que nous effectuons, mais seulement des choix et les conséquences qu'ils induisent. Nous élèvent-ils ou nous rabaissent-ils ?

L'épée quant à elle fait donc référence à la septième Arcane où nous avions vu qu'il était question de maîtrise et de connaissance de soi, de volonté face aux influences. Dans cette Arcane, l'épée est tenue par la main droite de la Justice, rigoureusement à la verticale. Cela semble nous indiquer la voie de la Droiture. Il nous semble ici que la droiture en question ne devrait pas s'imposer à soi pour des raisons morales ou par pression sociale, mais par choix délibéré, parce que par expérience nous avons compris en quoi elle nous est profitable.

Rappelons que Heith est la Lettre-épreuve par excellence. Elle est l'épreuve qui nous arrive suite à nos choix, nos pensées, nos paroles, nos actes, etc. La Justice est en fait, par la juste rétribution qu'elle opère, le miroir de notre être. Elle est notre plus grand enseignant car elle ne fait que nous renvoyer à nous-mêmes, à notre propre responsabilité. Pas de juge divin ici, prêt à nous foudroyer, simplement la réponse mécanique, via notre quotidien, à ce que nous émettons.

Il est aussi question dans cet Arcane de la notion de justice immanente, c'est-à-dire de la conscience propre à chacun de ce qui est juste ou non. Lorsque nous sommes attentif, avant de faire un choix ou d'agir, nous savons en fait sans aucune directive ou avis extérieurs, si nous sommes justes ou non. Encore faut-il écouter notre cœur et aussi le suivre...

Rappelons enfin que nous nous situons au niveau du Olam haYetsirah ici, le Monde Astral des désirs et des émotions. La Justice est aussi ce rééquilibrage constant qui est opéré au niveau de notre psychisme. Elle nous enseigne à tempérer notre humeur car tout excès dans un sens sera rééquilibré dans l'autre sens...

En résumé, la Justice est la Loi, impartiale, impersonnelle, implacable, qui répond à nos choix ici-bas. Ce faisant elle est notre plus grand allié malgré sa possible dureté, car elle nous permet ce "feed-back" sans lequel il n'y aurait pas d'apprentissages. Saurons-nous bien soupeser ? Saurons-nous trancher ? Ou continuerons-nous à cheminer sur notre ruban de Möbius (8), pensant avancer différemment en réitérant sans cesse les mêmes choix... ?

Heith

       
          Lettre simple
          Valeur numérique : 8
          Valeur pleine : 418
          Sens : barrière, épreuve
          Signe : Cancer
          Tarot : la Justice
          Séphira : Tiphereth


Heith provient de l'hiéroglyphe égyptien qui dessine une barrière. Elle est ici formée par la réunion d'un Vav et d'un Zayin, les deux Lettres qui informent Hesed et Gebourah... Tiphereth, informé par Heith, termine cette Triade. Or cette séphirah est médiane dans l'Arbre, elle en est le cœur où se croise les forces ascendantes et descendantes ; elle est la limite entre le monde du Mi et le monde du Ma. Au niveau microcosmique, Heith peut ainsi être associé au diaphragme qui délimite le thorax et le ventre.

Au niveau macrocosmique, Tipheret délimite le bas et et le haut Astral, autrement dit le monde des reflets fallacieux (Lune) provenant du monde physique, et celui des Idées (Soleil) provenant du monde de la Création. S'extirper du bourbier astral pour émerger à l'air libre, sous les rayons du Soleil d'Atsiluth, consiste à traverser le Gouffre de l'Arbre séphirothique. Cela a aussi été imagé comme "le saut dans le cœur". 

Heith est une barrière intérieure, située dans notre psychisme. Lors de la Chute, nous avons développé un ego - le sentiment de notre individualité, qui nous permet d'évoluer dans le monde Physique. Cependant, plus nous nous sommes enfoncés dans le Monde du Ma, plus nous nous sommes identifiés à cet ego. Simple outil, l'ego se pense progressivement être l'artisan... Autrement dit l'idée du Moi devient prédominante, au dépend du Soi.

De plus cet ego est loin d'être constitué d'un bloc unique. Au cours de l'expérience de l'incarnation, nous développons en quelque sorte une personnalité multiple, formée de plusieurs petits "moi" - autant de masques et de désirs contradictoires... Ces désirs, ces besoins, ces fantasmes, ces obsessions, ces croyances, souvent influencés par le collectif et formés dans notre psychisme tissent les fils invisibles de notre expérience terrestre.

Cette part d'ombre, que l'initié du Jour 7 doit s'efforcer de "mettre en lumière", est aussi notre réservoir d'énergie vitale. Ces forces astrales qui peuvent littéralement nous broyer de l'intérieur et qui sont à l'origine de nos épreuves extérieures, peuvent également devenir une Puissance au service du Soi. Cela passe par le chemin du Guerrier (Zayin) dont l'objectif est de purifier notre psychisme d'une part, le renforcer d'autre part.

Le purifier, c'est-à-dire séparer l'inné et l'acquis au cours de cette incarnation, et choisir quoi garder. Le renforcer, c'est-à-dire à la fois le rendre autonome par rapport aux influences provenant du Collectif, et à la fois le rendre assez résistant pour recevoir la charge énergétique de la Lumière.

En ce sens, Heith est une barrière salvatrice. Elle nous protège d'une trop intense charge énergétique. 

Extérieurement, Lettre-épreuve par excellence, Heith est à l'origine de nos épreuves dans notre vie quotidienne. Elle est comme l’amour d’une mère exigeante qui apprend à son enfant à marcher et à franchir les obstacles de la vie. Elle est la limite qui nous invite à nous dépasser. Elle est l’obstacle nécessaire avec qui la confrontation nous permettra de grandir - de renforcer nos structures internes.

Traverser cette barrière - et libérer le potentiel énergétique qu'elle contient, est une action subtile, intérieure, difficile à décrire. Mais ses conséquences sont elles toujours très clairement perceptibles par l'être. Quelque chose s'est libéré en soi, de manière radicale. Cela peut être ressenti momentanément comme le délestage d'un poids intérieur. Souvent cela s'accompagne d'un changement extérieur de situation et ceux qui nous entourent perçoivent un changement très net dans notre manière d'être.

Il s'agit d'une transmutation intérieure. Tout à coup, ce qui semblait embrumé, infranchissable, ce qui nous était même caché, devient limpide. Où était la barrière pourrait-on se demander une fois cette dernière franchie, effacée plutôt. Et pourtant, tant que le changement de regard n'a pas lieu, tant qu'une rectification n'a pas été opérée, cette barrière est bien opérante !

GeBouRaH

     
      Monde : BRIAH veYeTSIRaH
      Pilier : gauche
      Triade : intermédiaire

      Lettres : Zayin & Ayin
      Planète : Saturne
      Grand Ange : KaMaEL

      Nom Divin : Elohim
      Autres Noms : Din ("justice")
                            Pahad ("crainte")


GeBOURaH signifie Force, courage, héroïsme ou encore Rigueur. Nous retrouvons ici plutôt des caractéristiques de Mars qui est traditionnellement rattaché à cette Séphirah. Pourtant nous lui associons Saturne, astre complémentaire de Jupiter qui informe HeSeD en face d'une part, planète de la Rigueur d'autre part. 

Rappelons que HeSeD est le réservoir sans limite de la Grâce divine. Au niveau du Olam haYetsirah, elle symbolise toutes les forces dont nous recevons l'influence. 

Gebourah, informé notamment par le Chariot, Saturne ou encore le concept du Guerrier, va pour sa part symbolisé notre capacité, si nous la développons, à maîtriser notre rapport à ces influences. D'ailleurs son Nom Divin, Elohim, signifie "maître de toutes les forces".

Si nous nous laissons aller, nous subissons la Justice divine que nous pouvons craindre car ces forces nous ballotterons sans pitié et nous ferons constamment perdre notre équilibre intérieur. Nous serons alors le jouet de nos émotions ainsi mises en mouvement plus ou moins intensément. C'est pourquoi Satan est parfois associé à cette Séphirah...  

Au contraire le Guerrier s'efforce à renforcer son câblage électrique en quelque sorte et en maîtrisant l'apport énergétique tel un carburateur, il pourra optimiser ces énergies vers le but qu'il se sera lui-même fixé...


le Guerrier

Le Guerrier est un mythe pouvant refléter nos plus belles aspirations. Il nous convie à les incarner et nous guide dans le processus de transformation adéquat. Mythe dans lequel l'Homme trouve le miroir où il peut découvrir le meilleur de lui-même, et ce qu'il en ignore.

Le mythe est l’espérance ancrée en l’Homme qui, malgré tous ses faux pas, nourrit toujours, au plus profond de lui-même, le rêve d’une vie affranchie des contradictions, de l’oppression, de la violence et du tourbillon de la vie en société.

Le mythe est à la société ce que les songes sont à l’individu ; il est le rêve de l’Homme, et nous murmure à l’oreille des promesses de beauté et de liberté. D’Hercule à Quetzalcóatl, de Bouddha au Christ – lequel, étant homme, est transfiguré et divinisé par une vie de purification et d’altruisme – les thèmes sont identiques : celui de l’Homme dont les aspirations profondes surpassent le monde où il vit ; celui du conflit opposant sa pensée à son milieu social ; celui de la lutte, des doutes et des épreuves qu’il doit affronter pour réaliser son rêve, transcender le chaos et la misère de la condition humaine.

Les mythes sont aussi un guide pour l’action. Ils ne sont pas créer pour divertir mais pour prôner des modes d’action permettant à l’Homme de se tirer du chaos où il s’englue. Le mythe est fait pour être vécu (contrairement au dogme qui est fait pour être cru). Il incite à l’action.

Le chemin du Guerrier, de l’être doué de joie et de pouvoir dans le monde quotidien, est un mythe de notre temps. Nul n’est jamais vraiment le Guerrier, mais l’on peut s’efforcer de l’être ; nous sommes sans cesse en chemin. Le mythe du Guerrier est si merveilleux qu’il nous invite à l’incarner et à le rendre, à travers nous, réel.

Il s’agit, pour commencer, d’introduire un peu de ce temps magique dans notre vie quotidienne, quand, au lieu d’agir comme des machines soumises à une programmation étrangère à nous-mêmes, nous choisissons l’action juste et empruntons le chemin du Guerrier. Ces moments de lumière, au cours desquels nous sommes maîtres du sens de notre vie, de ce qui émane de nous, sont semblables au temps magique du rituel.

Toute la difficulté de suivre le chemin du Guerrier consiste à multiplier et à unir ces moments magiques au cours desquels le mythe est incarné, jusqu’à ce que la magie l’emporte sur la soumission, et l’harmonie sur le chaos. Jusqu’à ce que le rêve devienne réalité.

Le Guerrier va vers la Connaissance comme vers le combat : avec crainte, respect et confiance, l’esprit en éveil. Sa geste est la bonne manière de cheminer sur cette voie. Vivre comme un Guerrier est la colle qui lie toutes les parties de la Connaissance. La résolution du Guerrier est l’attitude fondamentale requise sur le chemin de la Connaissance ! S’efforçant de clarifier et de ranimer son lien avec l’Esprit, pour avancer, il a besoin d’une résolution féroce…

La geste du Guerrier n’a rien en commun, ou presque rien, avec les guerres historiques. Elle est totalement étrangère à la violence ou à l’intention de détruire quoi ou qui que ce soit. Il s’agit de se placer sur un autre plan de compréhension. Le Guerrier soutient une lutte permanente, mais contre ses faiblesses et ses limitations, contre les forces qui s’opposent à l’élargissement de sa conscience ; contre celles qui tendent à le réduire, à faire de lui un homme ordinaire, entièrement déterminé par son histoire personnelle et par les circonstances. Le Guerrier préserve la possibilité de choisir ce qu’il veut être et sa manière de vivre. Il lutte pour l’harmonie, la quiétude, et pour la liberté, en sachant que celle-ci naît en lui-même et rayonne dans son champ d’action. C’est une lutte intime, tendre et joyeuse…

La geste du Guerrier est une attitude, une manière de relever, constamment, le défi d’être, qui échappe à toute définition précise ou totalisante ; c’est aussi la fidélité à la façon d’agir la plus authentique. Le signe distinctif du Guerrier est sans doute cette persistance à vouloir atteindre, dans le moindre de ses actes, l’impeccabilité. Pour lui, cela signifie donner en tout le meilleur de lui-même. Même quand ses autres motivations s’effondrent, le Guerrier demeure fidèle à sa façon d’agir, pour l’impeccabilité en elle-même.

De ce concept ouvert jaillit un faisceau d’instructions recouvrant l’ensemble des activités humaines. La discipline de vie du Guerrier lui donne l’équilibre et la force nécessaire pour surmonter, sur le chemin de la Connaissance, les moments difficiles, même quand sa raison est mise en échec ou son ego blessé.

En toute entreprise, on peut choisir d’agir à la manière du Guerrier ; comme celui qui n’abandonne pas la lutte, ne renonce pas, ne tolère ni la négligence ni le renoncement, qui fait du moindre de ses actes un défi, afin de se dépasser, de devenir meilleur, plus fort, plus doux, de concrétiser par l’action sa vie intérieure…

Parmi les armes dont le Guerrier dispose, l’une des plus importantes à nos yeux est la volonté. C’est un pouvoir émanant de l’individu, qui lui permet d’agir sur son milieu et le conduit à livrer des batailles plus importantes que celles dans lesquelles sa raison ose l’engager. Car le Guerrier n’est plus un homme livré aux craintes et aux caprices du mental ; il est fidèle à son sentiment, et la force qui le meut est son énergie qu’il s’est efforcé de préserver et de renforcer.

Le Guerrier dispose aussi de la pleine conscience de sa mort prochaine et fait de chaque acte une ultime bataille, dans laquelle il se doit de donner le meilleur de lui-même. C’est ainsi, avec la mort comme compagne fidèle insufflant le pouvoir à chacun de ses actes, qu’il transforme en temps magique les heures qui lui sont imparties sur cette Terre. La conscience de sa mort prochaine lui donne également le détachement lui permettant de ne lier et ne se refuser à rien. Ainsi détaché de tout, conscient de la fugacité de son existence, et sans cesse en lutte, le Guerrier apprend à diriger sa vie grâce au pouvoir de ses décisions. Il s’efforce à chaque instant de garder le contrôle de lui-même, et parvient de la sorte à maîtriser son monde personnel. Il prend en main le déroulement de sa vie, dont le moindre élément est inclus dans sa stratégie.

Grâce à sa volonté, au contrôle de lui-même et à la stratégie qu’il adopte, le Guerrier, conscient de sa mort prochaine, apprend à réduire à néant ses besoins. Car il voit bien que ceux-ci engendrent les manques et l’infortune. N’ayant besoin de rien, il ne s’inquiète ni ne s’angoisse. Ainsi libéré de la nécessité, tout ce qu’il peut avoir, tout ce qu’il peut recevoir, même la chose la plus humble, la plus simple, est à ses yeux un présent merveilleux, et la vie, quoi qu’il en obtienne, devient pour lui abondance perpétuelle.

les Gémeaux




              Saison : Printemps
              Secteurs : Diurne / Oriental
              Croix : Mutable
              Élément : Air
              Planète maîtresse : Mercure
              Maison III - Axe III/IX





Les Gémeaux terminent le Printemps et annoncent l'été... Si le Taureau avait canalisé l'énergie brute du Bélier dans un mouvement du haut vers le bas, les Gémeaux vont pour leur part la disperser dans toutes les directions. Au niveau macrocosmique, c'est l'extension dans toutes les directions possibles du Point se manifestant sur un plan ou en un cycle limité et dont l'accomplissement prépare un cycle ultérieur de manifestation.

Cette forme d'expérimentation permet de développer cet extraordinaire pouvoir d'être sur plusieurs cartes différentes à la fois, sans se perdre et sans perdre le lien avec notre centre (ce qui n'est pas sans rapport avec le cercle pointé présent dans la septième Arcane). C'est comme le tronc d'un arbre qui se nourrit de toutes les branches qu'il a lancées à la conquête du ciel ; on lance nos ramifications et on les fait croître au rythme des saisons.

Ainsi on découvre que la croissance de l'être linéaire ou verticale qui fait grossir le tronc est soutenue par une énergie qui explore toutes les directions à la fois et que chacune d’elles nourrissent le centre. On finit par comprendre que la multiplicité de nos actes n’est pas un défaut qui nous empêche de grandir, mais une autre forme d’énergie nécessaire à la croissance dans laquelle on excelle grâce à un esprit léger, ludique et joueur, qui caractérise les Gémeaux dans son côté positif.

En lien avec la 7ème Arcane encore, dont les deux chevaux expriment la même dualité que le symbole des Gémeaux, il va cependant s'agir de bien se situer en son centre justement, sous peine de vivre dans l'instabilité, l'anxiété, l'émotivité, la versatilité voire l'humeur belliqueuse qui peuvent aussi caractérisés ce Signe et l'Air en général. 

Les Gémeaux comme la 7ème Arcane expriment en fait l'ouverture du champ des possibles dans un monde duel tout comme après la tête et le cou, le corps humain se dualise en deux côtés. C’est l’image de toutes les oppositions intérieures et extérieures, contraires ou complémentaires, relatives ou absolues, qui se résolvent dans une tension créatrice : le char avance.

Au niveau microcosmique, il s'agit d'expérimenter la dualité de toute chose ici-bas, d'apprendre à trouver "l'équilibre dans le constant mouvement" (et cela a beaucoup à voir avec l'aspect psycho-émotionnel de l'être), la Paix, et aussi de développer ses potentiels. Il y a l'idée de domestiquer le mental de l'être, toujours trop nerveux, et d'en faire un outil au service de l'expérimentation. 

le Chariot


Si l'Amoureux était indécis et à l'arrêt, nous sommes ici en présence d'un prince en mouvement, tenant les rênes de sa vie. Conduire un char symbolise la façon que nous avons de mener notre vie, de répondre à nos besoins et désirs, ce qui comprend la façon de contrôler nos pulsions, nos émotions et idées.

L'image d'un Guerrier sur un Char renvoie directement à la Séphirah Gébourah que Zayin informe. Il y a ici l'idée d'auto-discipline, de maîtrise de soi, de canalisation des énergies. Le prince est au centre de montants, deux jaunes et deux verts qui rappellent la bacchante de la sixième Arcane. Cela symbolise les attractions qu'il ne doit pas subir.

Cette Arcane est composée de quatre parties et cela peut renvoyer à la constitution occulte de l'être humain. D'ailleurs les deux sphinx tirant le char vont dans ce sens : le sphinx, composé par les parties de quatre animaux, était le symbole antique utilisé pour décrire la composition occulte de l'être.

Il y a d'abord le chariot, de forme cubique (symbole de la matière) qui correspond au corps physique et vital de l'être. Les deux sphinx (ou chevaux) symbolisent notre corps émotionnel, de désir. Le prince (ou cocher) correspond à notre corps mental, intellectuel. Le dais surplombant le prince, de couleur bleu, correspond à notre corps causal, à notre Volonté. Il s'agit du Maître intérieur.  

L'initié du Jour 7 commence par le réveil du cocher qui doit apprendre à écouter et comprendre son Maître. Il doit aussi apprendre à conduire les chevaux, à les atteler, à les nourrir, à les soigner et à bien entretenir la voiture. Autrement dit à prendre soin de son véhicule (son corps), notamment en maîtrisant ses pulsions et émotions (les chevaux).

Le Chariot incite à prendre possession de ses "véhicules", à en maîtriser les liaisons aussi. Car entre ces 4 parties, 3 liaisons sont implicites : l'espace vide entre le Maître et le cocher, les rênes entre le cocher et les chevaux, l'attelage entre les chevaux et le char.

Le prince est central, la 7ème Arcane incite à développer l'Intellect, la volonté. Mais avant cela, il s'agit d'unifier tous les petits "moi" dont les desseins sont souvent contradictoires et qui forment notre personnalité.

Cet aspect contradictoire est souligné par les deux chevaux qui sont souvent représentés comme regardant dans des directions opposées. Rappelons que les chevaux correspondent à notre corps de désir, corps subtil en lien avec le Olam haYetsirah, le Monde Astral dans lequel nous nous situons depuis Vav. L'accent est ici mis sur l'aspect psycho-émotionnel de l'être, sur la nécessité de prendre conscience de son fonctionnement au risque sinon d'être ballotté par les forces astrales qui nous dépassent de loin en force, car en partie collective...

Les deux chevaux symbolisent aussi les deux Piliers latéraux de l'Arbre entre lesquels il va s'agir de trouver un équilibre... un centre... que le symbole au-dessus de la tête du prince dessine... 

Pourtant, leur action est en réalité complémentaire, yin et yang, réception et émission par exemple. Il s'agit donc plutôt d'apprendre à maîtriser le mouvement entre ces deux pôles de notre être...à harmoniser les divers élans opposés, plutôt qu'à tenter de contenir le mouvement. 

Ce faisant le Char avancera d'autant plus vite et droit... Le cocher, plus stable, entendra d'autant mieux sa petite voix intérieure...

Zayin


                   Lettre simple
                   Valeur numérique : 7
                   Valeur pleine : 67
                   Sens : trancher, se souvenir, le guerrier
                   Signe : Gémeaux
                   Tarot : le Chariot
                   Séphira : Gebourah


Zayin provient de l'hiéroglyphe égyptien qui dessine une flèche traversant une peau d'animal. Elle prend ensuite la forme d'une épée, pointe en bas. Zayin est donc une arme qui tranche, parfaitement complémentaire au Vav qui réunit...

Septième Lettre de l'alephbeit, Zayin est associé au Jour 7 de la Création au cours duquel, une perfection ayant été atteinte, une mort est nécessaire pour qu'elle se fasse le germe, le fondement d'un nouveau devenir, qui atteindra à son tour une nouvelle perfection... La perfection atteinte est donc inséparable d'un changement de plan et le 7 symbolise cette mutation.

Tel semble être le dynamisme de l'oeuvre divine et telle semble être la loi ontologique selon laquelle l'Homme doit mourir, se refaire germe avant d'intégrer - et pour les intégrer - chacun des niveaux énergétique de la Création.

Zayin est aussi en lien avec Guimel qui nous enseigne le mouvement, le sevrage également. Elle est donc cette discipline intérieure qui refuse toute sclérotisation, toute sécurisation à chaque nouvelle terre intérieure atteinte. Pour que le Nouveau advienne, l'ancien doit mourir... mais ces morts successives sont justement là pour éviter à l'être une mort bien plus problématique qui résulte de l'arrêt du cheminement intérieur...

Ces arrêts sont toujours synonymes de réidentification au monde animal du Jour 6, générateur de souffrance. Seule la voie du guerrier que symbolise Zayin permet de "rester en mouvement", d'en avoir le courage aussi, la pugnacité, l'endurance...

Energie mâle par excellence, Zayin permet de pénétrer, de traverser la "tunique de peau" que nous avons tous revêtu depuis la Chute. De nous souvenir de notre féminin intérieur pour l'aimer et l'épouser. D'ailleurs Zayin est à la fois l'initiale des mots "se souvenir" et "mâle"... Se souvenir du Yod-Germe que nous sommes en essence... pour le faire croître.

Car si le Yod initial se retire lors du ShaBaT - Jour 7, c'est pour permettre à la Création de se renouveler ! C'est pour lui permettre d'atteindre une octave encore supérieure, et l'Homme ici-bas est l'artisan de ce processus.